Vie des partis : l’UDPS gangrenée par des querelles intestines

Jeudi 21 Mars 2019 - 15:15

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Les députés provinciaux accusés de s’être laissés corrompre en échange de vote des candidats-sénateurs autres que ceux de leur parti, s’évertuent à prouver leur innocence face à la fronde des combattants décidés à leur faire la peau. Ils en veulent également à leur président délégué, Jean Marc Kabund, accusé d’avoir aligné sur la liste du parti des candidats qui n’en sont pas membres.

Depuis l’élection, le 15 mars, des sénateurs par les Grands électeurs que sont les députés provinciaux, tant à Kinshasa qu’à l’arrière-pays, la paix a quitté les allées de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), empêtrée depuis lors dans des querelles intestines.

Les cadres de ce parti au pouvoir n’arrêtent de se soupçonner et de se tirer dessus. Et pour cause, la direction nationale a pris l'option de débusquer ses députés provinciaux qui ont touché des pots-de-vin pour voter en faveur des candidats sénateurs qui ne sont pas membres de l’UDPS. Des noms sont cités. Le président délégué de cette formation politique, Jean Marc Kabund, avait, il y a quelques temps, affirmé détenir des preuves accablant certains députés provinciaux de l’UDPS corrompus. Parmi eux, Jerry Dikala sur qui pèsent d’énormes soupçons, plaide non coupable.

L’incriminé n’a pas eu sa langue dans sa poche, lors d’un point de presse qu’il a animé le 20 mars, à Kinshasa. A son tour, il a mis en cause le président délégué, Jean Marc Kabund, et le député provincial, Peter Kazadi. Si l’UDPS a fait piètre figure aux sénatoriales en alignant notamment aucun sénateur à Kinshasa, Jerry Dikala pointe un doigt accusateur sur ces deux cadres qui auraient placé sur la liste des gens qui n’ont aucun lien avec le parti. « Quand on parle de la corruption, tout le monde prend ses responsabilités pour ne pas laisser les traces. Vous ne verrez jamais quelqu’un qui va vous brandir une décharge qui reprend le montant perçu pour voter. Le mal est profond. Le mal s’appelle Jean-Marc Kabund. Sendamwana n’est pas de l’UDPS. Moi, j’ai fait vingt-huit ans à l’UDPS. Comment Sendamwana se retrouve-t-il sur la liste de l’UDPS ? Il y a eu beaucoup de choses qui se sont passées pour qu’il se retrouve sur cette liste. C’est comme ça qu’il y a eu malaise »,  a soutenu le député Jerry Dikala.

La cohésion au sein du parti écornée

Lui et ses pairs accusés de s’être laissés corrompre s’évertuent à prouver leur innocence face à la fronde des combattants décidés à leur faire la peau. La cohésion au sein du parti a été écornée et son image profondément démolie. Dans la foulée, le député provincial, Peter Kazadi, qui fut le premier à dénoncer la corruption dans les rangs de l’UDPS lors des sénatoriales, s’est dit en danger eu égard aux menaces dont il est l’objet, depuis quelques temps, de la part des anonymes. « Ils veulent non seulement me liquider politiquement, mais aussi physiquement. Je suis en insécurité parce que j’ai dénoncé. Pourquoi ont-ils attendu autant de jours pour commencer à se justifier plusieurs jours après l’élection et après ma dénonciation », s’est-il interrogé.  

Qu’à cela ne tienne. Une chose est vraie, c’est qu’à l’UDPS, la sérénité n’est plus de mise. Devenus la cible des combattants, les députés provinciaux accusés d’avoir perçu de l’argent en échange de vote des candidats autres que ceux de leur parti, sont contraints à la clandestinité, juste pour échapper à la vindicte des militants chauffés à blanc. Toute cette agitation a lieu au moment où le parquet général près la Cour de cassation vient de confirmer le début des auditions sur les allégations de corruption dont font l’objet les députés provinciaux et les sénateurs nouvellement élus. Une équipe des hauts magistrats vient, en effet, d’être déployée en provinces pour superviser l’instruction des faits dénoncés et dont le parquet a été saisi.

Alain Diasso

Légendes et crédits photo : 

Jean Marc Kabund

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