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Des peuples on n'écoute rien

Dimanche 16 Octobre 2022 - 0:54

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Ils sont sans aucun doute les plus exposés aux conséquences des décisions de leurs dirigeants, mais bien souvent, leur avis compte peu. En particulier dans les moments de crise quand les premiers, assis sur leurs certitudes, ne supportent pas d’être contredits, conseillés ou même suppliés de prendre du recul par rapport aux événements.

Depuis le début du conflit entre la Russie et l’Ukraine, le nombre de fois où les chefs d’Etat ou responsables d’entités de prise de décisions ont pris la parole heure après heure, semaine après semaine, est pour tout dire vertigineux. Si l’on se prêtait au monitoring des médias, on verrait que dans cet exercice, de Moscou à Kiev en passant par Bruxelles et Washington, la voix des peuples résonne très peu.

Ce n’est pas tant que ces derniers ne parlent pas. Bien entendu qu’ils s’expriment mais les canaux pour relayer leur opinion sont « corrompus ». Les grands médias ne leur donnent pas la parole, ils préfèrent le défilé sans fin d’experts et « sachants » en tous genres dont les points de vue reflètent rarement la réalité du terrain. Et pourtant, le sort des populations des pays en guerre se joue sous leurs yeux. Comme dans le siècle passé lors de la Première et la Seconde Guerre mondiale quand, réduits en décomposition du vrac humain ramassé à la pelle du Caterpillar, leurs corps furent enfouis sous terre dans des fosses communes.

Chambres à gaz et camps de concentration, Hiroshima et Nagasaki, toutes ces horreurs semblent appartenir à un passé ludique que l’on voudrait rééditer. Du fait des intérêts toujours croissants des uns et des autres, de la volonté de dominer l’autre puis de l’écraser, du refus d’admettre que la guerre a toujours été la pire des solutions en ce qu’elle n’a jamais été gagnée que dans la tête de celui qui s’en prévalait, les mémoires étant incorruptibles face aux injustices. Qui peut se targuer d’avoir vraiment gagné une guerre ?

Dans ce jeu de la mort devenu hystérique, les hommes et les femmes qui commandent aux destinées des peuples ne reculent devant rien. Ils en viennent aujourd’hui à évoquer une possible guerre nucléaire, en parlent même avec une certaine appétence donnant l’impression que l’espèce humaine est faite non pas de chair et de sang, mais de fer et d’acier. Veulent-ils donc précipiter le monde dans le chaos au nom de leur incapacité à s’asseoir autour d’une table et négocier ? Ne devraient-ils pas un brin écouter parler leurs peuples et se montrer magnanimes ? 

Et se souvenir que pour être là où ils sont, tous les dirigeants le doivent à leurs compatriotes à la suite d’engagements pris pour œuvrer à leur bonheur et à celui de toute l’humanité ? Il est grand temps que partout les peuples se lèvent pour exiger des belligérants à Moscou, Kiev, Bruxelles et Washington un retour à l’accalmie indispensable à la construction du vivre-ensemble.

Gankama N'Siah

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