Filière cacao : l’Italie renforce son partenariat avec le CongoMardi 18 Août 2026 - 14:55 L’Italie confirme son engagement en faveur du développement de la filière cacao en République du Congo, à travers une approche fondée sur la coopération entre les institutions, les producteurs, le secteur privé, les organismes de recherche et de formation ainsi que les partenaires financiers. C’est ce qu’a déclaré l’ambassadeur de ce pays au Congo, Enrico Nunziata, lors d’une session thématique à la Grande foire agricole du Congo, la semaine dernière.
L'ambassadeur d'Italie a indiqué que son pays ne souhaite pas proposer un modèle préétabli, mais met à disposition des compétences, des technologies, des entreprises, de la formation et une capacité à mobiliser des partenariats, afin de construire des solutions avec les institutions et les acteurs congolais. Il a fait allusion au Mayombe à Cacao Connect. En effet, l’expérience déjà engagée dans le Mayombe, notamment la zone de Pointe-Noire, constitue un premier exemple concret de cette approche. La coopération italienne soutient un projet financé à hauteur de 3,8 millions d’euros, mis en œuvre par le Ciheam Bari, en collaboration avec l’entreprise italienne ICAM S.p.a., dans le cadre de la coopération avec la Société congolaise de cacao . Ce projet vise à développer progressivement un modèle intégré de production durable, associant le cacao et la banane à la formation professionnelle, au transfert de compétences, à la création d’emplois locaux, à la protection de l’environnement et au soutien aux communautés environnantes. Une attention particulière est accordée à la formation des jeunes et à la création de compétences susceptibles de rester durablement dans le territoire. Dans sa première phase, le projet peut contribuer à créer des conditions permettant d’offrir des opportunités d’emploi jusqu’à 3 000 personnes issues des communautés locales. Les activités en faveur des communautés de Pilikondi, Doumanga, Bilinga, Bilala et Mfoubou comprennent également des interventions dans les domaines de l’éducation primaire, de la santé de base, de l’accès à l’eau et de l’inclusion sociale. Selon l’approche présentée par Enrico Nunziata, l’expérience du Mayombe peut constituer un laboratoire permettant de tirer des enseignements et de développer des solutions adaptées à d’autres territoires. C’est dans cette perspective que s’inscrit «Cacao Connect», conçu non pas comme un projet supplémentaire et séparé, mais comme une plateforme destinée à mettre en relation les initiatives et les acteurs de la filière. L’objectif est de favoriser les connexions entre production, formation, financement, qualité, transformation, traçabilité et accès aux marchés, afin de créer des conditions plus favorables au développement d’une filière intégrée. Le revenu des producteurs au cœur de la démarche
L’ambassadeur a également souligné les opportunités liées au développement de la transformation et des services associés à la filière au Congo, afin qu’une part plus importante de la valeur générée par le cacao puisse rester dans le pays et contribuer au développement des entreprises ainsi que des compétences congolaises. Dans ce domaine, les entreprises italiennes peuvent apporter leur contribution à travers les technologies, les équipements, la formation et le savoir-faire, en favorisant des partenariats avec les opérateurs locaux. Pour ce faire, une attention particulière a également été accordée à la dimension environnementale. Il s’agit d’une filière durable et compatible avec la protection des forêts. En effet, compte tenu du rôle de la République du Congo dans le bassin du Congo, le développement du cacao devra être compatible avec la protection des forêts et de la biodiversité. L’approche proposée vise ainsi à promouvoir des systèmes de production plus résilients, à travers l’agroforestation, la diversification, l’amélioration des pratiques agricoles et l’augmentation de la productivité, tout en évitant les modèles fondés sur une expansion incontrôlée des surfaces cultivées. La traçabilité peut également constituer, selon l’approche italienne, non seulement une exigence des marchés internationaux, mais aussi un outil permettant d’améliorer la transparence, la qualité et la valorisation du cacao, sans devenir une charge disproportionnée pour les petits producteurs.
La session a enfin placé le dialogue avec les agriculteurs au centre de la démarche. L ’Italie a souligné que les futures initiatives ne pourront pas être définies uniquement par les institutions ou les partenaires internationaux, mais devront partir des besoins concrets de ceux qui travaillent quotidiennement dans la filière. Les producteurs ont ainsi été invités à identifier les principaux obstacles auxquels ils sont aujourd’hui confrontés: accès au financement, disponibilité des plants, des engrais et des autres moyens de production, assistance technique, main-d’œuvre, infrastructures et transport, qualité, fermentation et séchage, accès aux marchés ou niveau des prix. Enrico Nunziat a a réaffirmé que l’Italie est prête à mettre à disposition ses institutions, ses entreprises, ses compétences, ses technologies et sa capacité à mobiliser des partenariats, mais que le modèle devra être construit avec les acteurs congolais. «Le Mayombe nous offre une première expérience. L’Italie peut mettre à disposition des compétences, des entreprises et des partenaires. "Cacao Connect" peut offrir un cadre pour relier ces différentes ressources. Mais le point de départ et le point d’arrivée doivent rester les mêmes: le producteur, son exploitation, son revenu et l’avenir de sa famille. La perspective est de construire progressivement une filière cacao productive, inclusive, résiliente et durable, capable de créer davantage d’opportunités économiques au Congo tout en valorisant et en protégeant le patrimoine naturel exceptionnel du pays», a conclu le diplomate italien. Bruno Zéphirin Okokana Légendes et crédits photo :1- Les panélistes lors de la session/ Adiac
2- Les participants à la session/ Adiac
3- L’ambassadeur de l’Italie lors de son intervention/ Adiac Notification:Non |


La thématique abordée par le diplomate italien était consacrée au « Développement de la filière cacao en République du Congo: partenariats et perspectives». Dans son intervention, Enrico Nunziata a souligné la volonté de son pays d’accompagner le Congo dans la construction d’une filière capable de générer davantage de revenus pour les producteurs, des emplois, des compétences et de la valeur ajoutée au niveau local, tout en contribuant à la protection des forêts et de la biodiversité du bassin du Congo.
L’un des messages centraux de l’intervention italienne est que l’augmentation de la production ne peut pas constituer le seul objectif d’une politique de développement du cacao. L’amélioration de la productivité doit se traduire par une augmentation concrète du revenu des agriculteurs. Cela suppose également d’agir sur les coûts de production, l’accès au financement, la qualité, la collecte, la fermentation et le séchage, le stockage, le transport et la capacité des producteurs à accéder aux marchés.
Les producteurs appelés à identifier les obstacles








