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Dimanche 23 Juillet 2023 - 15:41

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Au regard des divisions actuelles, les initiatives pour venir à bout de rigidités qui enlacent les Etats et groupes d’Etat se raréfient. On mettra peut-être longtemps avant d’assister à une rencontre au sommet entre les nouveaux blocs devenus antinomiques du fait de la vision de chacun d’eux : les partisans d’une unilatéralité des relations internationales voudraient obtenir l’adhésion et l’alignement de tous à leur pensée ; les défenseurs de la multipolarité conviennent que les premiers ne pourront plus tout régenter.

Par le passé, et pour ne pas les citer, les Etats-Unis et l’ex-Union soviétique, principales puissances héritières de la fin de la Seconde Guerre mondiale, jouaient sur des terrains glissants tout en préservant les équilibres stratégiques grâce auxquels, de 1945 à l’éclatement du bloc socialiste en 1991, le spectre d’une troisième guerre mondiale s’était éloigné. Rappelons-nous la lutte pour le pouvoir au Nicaragua (1979-1990) et le soutien apporté par l’Oncle Sam aux « Contras » contre celui des Soviétiques aux Sandinistes ; la guerre civile afghane entre les Moudjahidines aidés par Washington et le régime communiste de Najibullah soutenu par Moscou.

Ces deux conflits symptomatiques du renforcement du fameux rideau de fer entre l’Est et l’Ouest n’avaient pu ébranler les fondations de la stabilité mondiale qui prit l’appellation de « coexistence pacifique ». L’on pourrait dire la même chose des multiples expéditions punitives ou interventions robustes menées par le camp occidental dans plusieurs régions du monde contre des pays « châtiés » alors pour « déficit de démocratie », ou pour « violation des droits de l’homme ». Jusqu’à une période récente, dans leur rivalité immuable, Russes et Américains se surveillaient sans franchir les limites interdites. Ils sont en passe d’aller bien au-delà aujourd’hui.

Sous le 44e président des Etats-Unis, Barack Obama, les moments de tensions avec son homologue russe Vladimir Poutine ne manquaient pas, mais les deux dirigeants avaient à la tête de leurs services respectifs des Affaires étrangères, deux hommes qui savaient arrondir les angles. John Kerry et Serguei Lavrov avaient en effet une certaine ressemblance dans la manière d’aborder les sujets qui fâchent, presque le même gabarit, et toute considération gardée, les deux hauts diplomates devaient s’estimer assez mutuellement. Le premier est parti et s’occupe depuis des questions du changement climatique ; le second continue sa mission.

Les changements intervenus aux Etats-Unis où une administration démocrate a cédé la place à une administration républicaine, puis cette dernière à la première ont-elles foncièrement réorienté la politique extérieure de la première puissance militaire du monde ? Pour autant, sous Donald Trump, un dirigeant « hors système » du fait de son parcours particulier avec ses méthodes jugées expéditives (quatre secrétaires d’Etat en quatre ans ; nomination et renvoi de grands collaborateurs sur tweeter), tout n’a peut-être pas été dramatique.

En dehors d’une fin de mandat chaotique (l’assaut du capitole le 6 janvier 2021 en est le témoignage), l’administration Trump est celle sous laquelle, pour la première fois un dégel exceptionnel a laissé les faucons de la politique des blocs sans voix. Pour la première fois, et à deux reprises, un président américain rencontrait son homologue Nord-Coréen. Les présidents Donald Trump et Kim Jong-un montraient à ces occasions que l’impossible n’est pas humain. Si leur lune de miel est restée sans lendemain, le fait d’avoir avancé d’un petit pas vers le dialogue conférait à l’acte posé une grandeur symbolique indéniable.

Sous le ciel moutonné suspendu à nos têtes recherchons un leader ou une institution capable de créer une atmosphère de détente même de quelques heures, de quelques semaines, de quelques mois, qui s’éternise et guérisse le monde de la dérive qu’elle affectionne si dangereusement de nos jours. Oui, s’il y en a un ou une quelque part, qu’il ou qu’elle se lève et parle à haute et intelligible voix pour le bien de tous !

Gankama N'Siah

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