Intégration de la femme: des cadres congolais bénéficient d'une formationJeudi 4 Juin 2026 - 22:51 Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et le gouvernement congolais ont lancé, le 4 juin à Brazzaville, une série de sessions de formation destinées aux cadres de l'administration publique et aux points focaux sectoriels, afin d'ancrer durablement l'approche genre dans les politiques et les budgets de l'État.
Cette initiative répond directement aux faiblesses structurelles relevées par les indices africains du genre, qui rappellent que le continent affiche un score d'égalité inférieur à 50 %, limitant ainsi fortement l’autonomisation des femmes. Bien que le Congo dispose d’un politique nationale genre et d'un Plan national de développement, les ministères sectoriels manquent encore de capacités techniques pour traduire ces orientations en budgets concrets, d'où l'importance de cette session d'apprentissage participative et interactive qui s'appuie sur des outils d'évaluation rigoureux. Présent à l'ouverture de cette formation, le représentant résident adjoint du Pnud, Henri René Diouf, a dressé un bilan sans concession de la situation en rappelant qu'en Afrique subsaharienne, les femmes ont près de deux fois moins de chances d’accéder à un emploi formel que les hommes et occupent majoritairement des emplois précaires et informels, tandis que moins de15 % des postes de direction sont occupés par elles. Il a souligné que l'écart de participation au marché du travail demeure de dix-sept points sur le continent et que la situation locale exige des efforts soutenus. En République du Congo, les femmes ne représentent encore que 14,6 % des députés à l’Assemblée nationale, à peine 17,06 % des ministres, et seulement 9,8 % des entreprises comptent une participation féminine dans leur propriété, illustrant de profondes disparités dans l’accès au pouvoir économique et décisionnel. Face à ces statistiques, le diplomate onusien a insisté sur le fait que les femmes représentent plus de la moitié de la population et que leur contribution reste essentielle au fonctionnement des économies, à la cohésion sociale et à la transformation des communautés. Il a réaffirmé qu'investir dans l’égalité des sexes revient à investir directement dans le développement humain, la stabilité et la prospérité du pays. Henri René Diouf a néanmoins salué l’engagement ferme du Congo qui a ratifié des instruments juridiques majeurs, promulgué la loi Mouebara contre les violences faites aux femmes et aux filles, et adopté le mode budget-programme. Cette formation conjointe pose ainsi les bases méthodologiques indispensables pour que l'administration publique et le secteur privé, notamment via le label mondial de certification du Pnud, transforment ces acquis législatifs en réalités économiques.
Rude Ngoma Légendes et crédits photo :Les participants à la formation /Adiac Notification:Non |


Le directeur général de l’Intégration de la femme au développement, Alain Hyppolite Delon Issie, a officiellement ouvert les travaux en invitant les participants à devenir des agents de changement pour une pleine intégration des femmes et des personnes vulnérables dans le tissu socio-économique national.








