Interview. Sophie Mignot: « Nous sommes tous concernés par ce combat contre l’AVC »

Jeudi 29 Février 2024 - 21:45

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L’Institut français du Congo (IFC) à Brazzaville a abrité, le 24 février, un concert caritatif avec l’artiste Zao en vue de sensibiliser à l’accident vasculaire cérébral (AVC). Une pathologie qui constitue la première cause de mortalité au Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville. A l’issue de ce concert, Sophie Mignot, présidente de l’association Toutariv et organisatrice de l’événement en collaboration avec l’association Thiano Makeda, se dit satisfaite du but atteint, notamment la sensibilisation et la prise en charge des victimes. Interview.

Les Dépêches du Bassin du Congo (L.D.B.C.) : Mme Sophie Mignot, pensez-vous réellement avoir atteint l’objectif du concert que vient de livrer Zao ?

Sophie Mignot (S.M.) : Effectivement, l’objectif est atteint. Le concert s’est bien passé mais il y a beaucoup à faire au niveau de la sensibilisation. Le but est d’informer sur la maladie : comment reconnaître les signes de l’AVC avant et après.

L.D.B.C. : Quelle est l’ampleur de cette pathologie ?

S.M. : Les accidents vasculaires cérébraux représentent la première cause de mortalité de l’adulte. L’AVC touche les enfants, les jeunes et les adultes. Le nombre de victimes d’AVC ne cesse d’augmenter. Beaucoup de familles n’ont pas les moyens de se payer les médicaments et la rééducation. Il est à noter que le coût de la prise en charge est supporté par le patient et sa famille. Pour survivre, certains associent la médecine traditionnelle et moderne.

L.D.B.C : Quelles sont vos activités majeures à réaliser à Brazzaville après ces journées caritatives ?

S.M. : Nous allons mettre en place à Brazzaville un espace dédié à l’art thérapeutique, comme nous l’avions fait à Pointe-Noire. L’art thérapie est une technique de psychothérapie reposant sur l’utilisation de divers outils artistiques. Le recours à cette technique est fréquent dans plusieurs secteurs de la médecine. L’objectif est que le patient puisse renouer un dialogue avec lui-même et ses proches. Grace à cette technique, le patient s’exprime en laissant sortir ses émotions, ses souffrances dans un but de mieux être, notamment à travers des activités telles que le dessin, la peinture, le chant, la danse, l’écriture, etc.

L.D.B.C : Relatez-nous un peu l’expérience de cette aventure dans la ville de Pointe-Noire.

S.M. : A Pointe-Noire, le 29 octobre journée mondiale des victimes d’AVC, nous avons organisé une sensibilisation auprès des familles et églises. Grâce à madame le maire de cette ville, nous avons sensibilisé dans les mairies avec de panneaux sur l’AVC. Aussi, nous avons commencé avec les ateliers d’art thérapie. Le but est de se reconstruire après l’AVC, diminuer le risque de récidive et briser la solitude. Nous sommes à notre quatrième atelier. Malgré les difficultés, nous essayons de tenir bon car les personnes atteintes d’AVC ont besoin de nous.

L.D.B.C : Vous êtes basée à Pointe-Noire où vous développez des actions caritatives et là, vous venez de sensibiliser le public brazzavillois à l’AVC. Quel est le message fort que l’on retiendra de votre séjour de travail dans cette ville ?

S.M. : J’aimerais qu’on soit tous concernés par ce combat. Des milliers de malades sont en difficultés par manque de soins, avec le moral au plus bas. Des patients sont écartés de la société, alors qu’ils ne demandent qu’à vivre, à être considérés malgré leur handicap.

Propos recueillis par Gastrone Banimba

Légendes et crédits photo : 

Sophie Mignot en compagnie de l’artiste musicien Zao, victime de l’AVC en 2022/DR

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