Législatives 2022 : le CAP incertain sur sa participation

Samedi 15 Janvier 2022 - 15:56

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Le Congrès africain pour le progrès (CAP) a publié, le 15 janvier à Brazzaville, une déclaration dans laquelle il a passé en revue la situation socio-politique et économique du pays. S’exprimant sur les élections législatives qui profilent, le président de ce parti de l’opposition, Jean Itadi, a souligné que si les conditions d’un scrutin démocratique ne sont pas réunies, le CAP ne participera pas comme il l’avait boycotté en 2017.  

Dans sa déclaration, le CAP relève que le Congo traverse actuellement une crise multiforme et multidimensionnelle, subdivisée en six plans. Au plan politique, ce parti a indiqué le Congo ne fonctionne pas comme « devrait l’être toute démocratie ». S’agissant des élections qui s’approchent, il conditionne sa participation par l’organisation du scrutin libre et démocratique. 

« Nous ne pouvons participer aux élections législatives que si jamais les conditions d’un scrutin démocratique et transparent sont réunies. La dévolution du pouvoir qui, en démocratie, procède des élections libres et compétitives, est confisquée. Les règles élémentaires d’élection comme celles de droit sont bafouées. On note dans ce sultanat, une absence de la maîtrise du corps électoral, un découpage inique, une commission électorale de façade mais aussi des résultats proclamés en dehors du bon sens », a indiqué Jean Itadi.

Sur le plan économique, le CAP a fait savoir qu'à partir de 1997, le cadre-macroéconomique était acceptable. Mais depuis 2014, la situation s’est dégradée, la croissance économique a été de -1,9% en 2016, selon une étude de la Banque mondiale. Ce qui fait que le Congo est loin d’atteindre l’émergence promise en 2023.

L’économie congolaise a basculé dans le rouge depuis lors et traîne une longue récession synonyme de crise structurelle, avec une dette publique jugée insoutenable atteignant 101,7% du produit intérieur brut en 2020 et à 94% en 2021, affirme le parti.

Parlant de la crise sanitaire, le CAP fustige la révision de l’article 157 de la Constitution du 25 octobre 2015 qui rallonge la durée de l’état d’urgence sanitaire de vingt à quatre-vingt-dix jours. Le parti de l’opposition voit derrière cette modification le début d’une série de révisions de la loi fondamentale qui devrait s’en suivre. Une stratégie, a souligné Jean Itadi, adoptée par le pouvoir pour « s’éterniser à la tête de l’Etat ».

Au-delà de tout ce qu’il a décrié, le CAP réitère la nécessité d’un dialogue inclusif. Une occasion pour les Congolais, selon le parti, de laver le linge sale en famille en vue de préserver la paix dans le pays.

Firmin Oyé

Légendes et crédits photo : 

Le président du CAP, Jean Itadi (au milieu), répondant aux préoccupations des journalistes/ Adiac

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