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Mercenaire

Samedi 27 Mars 2021 - 17:01

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La définition que le dictionnaire Larousse donne du mot mercenaire est : « Qui ne travaille que pour un salaire ; qui est inspiré par le profit », ou encore : « soldat qui sert pour de l’argent un gouvernement étranger ». Les trois explications valent pour décrire la situation que vivent la Libye et la région sahélo-saharienne vouées aux violences insurmontables depuis une décennie.

Les puissances occidentales, dont la responsabilité dans ce qu’il se passe dans ce vaste territoire en péril est pleine et entière semblent l’avouer désormais à demi-mot après avoir passé tout leur temps à nier l’évidence. C’est bien, en effet, leur intervention pour régler les comptes à Mouammar Kadhafi qui est à l’origine du chaos actuel. En première ligne, la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et leurs alliés régionaux ne le savent que trop bien.

Après la chute du « Guide » libyen, en octobre 2011, ces puissances avaient bien assumé leur « victoire » lors d’un show politico-médiatique le jour où le président français de l’époque, Nicolas Sarkozy, et le Premier ministre britannique, Tony Blair, se posèrent en « Libérateurs » à Benghazi devant une foule joyeuse pour célébrer la chute de l’homme qui, dans une certaine mesure, les empêchait de dormir sur leurs deux oreilles.    

A cause de ce saut dans l’inconnu, la Libye est devenue une terre de mercenaires de tous poils. Il y en a qui opèrent à titre personnel, des hommes engagés par des groupes terroristes en quête de prébendes. Ceux-là ne peuvent pas justifier un seul instant qu’ils combattent pour la liberté du peuple libyen. Il y en a d’autres, sans doute aussi nombreux que les premiers, qui sont pris en charge par les gouvernements étrangers occupés à préserver leurs intérêts dans une Libye riche en hydrocarbures.

Au final, quand on écoute des appels répétés au retrait des mercenaires, ou des forces étrangères de Libye, quand on apprend par ailleurs que de nombreux pays, les mêmes presque, s’activent à reprendre du service diplomatique en Libye, il n’y a pas de doute, les choses commencent à bouger dans le bon sens. Tant mieux si ce sera au profit du peuple libyen meurtri, tant mieux si les dirigeants libyens qui se sont engagés à mettre en place des institutions inclusives devant aider à l’organisation d’élections libres iront jusqu’au bout de leurs intentions.

Alors en effet que l’Afrique, impliquée à plusieurs titres dans la résolution du conflit libyen a été laissée pour compte par plus puissants qu’elle, il est temps qu’elle élève encore de la voix pour peser tant soit peu sur ce processus qui suscite de l’espoir sur le continent. Quand la Libye se sera apaisée, sans doute les efforts consentis jusque-là dans le cadre du G-5 Sahel seraient couronnés de succès. Gageons que les partenaires de l’Afrique fortement attachés à leurs intérêts économiques, politiques et géostratégiques joueront cette fois franc-jeu. Parce que le bénéfice en sera partagé.

Gankama N'Siah

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