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N'Djamena dialogue

Samedi 20 Août 2022 - 21:39

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Pays à l’histoire mouvementée, le Tchad réunit depuis samedi 20 août un dialogue national inclusif. Pour tenter de prendre date avec lui-même et se départir de récurrents recours aux armes utilisés par ses acteurs politiques comme raccourci pour accéder au pouvoir d’Etat. Le but principal de ces assises attendues de longue date, notamment depuis la disparition tragique du président Idriss Déby Itno, le 20 avril 2021, et maintes fois reportées, est la réconciliation nationale.

Pendant trois semaines, quelque quatorze cents délégués venus de tous horizons débattront de la forme du futur gouvernement installé au terme d’élections que Tchadiennes et Tchadiens souhaitent libres et transparentes. Il est prévu, pour ce faire, la proposition d’une nouvelle Constitution et son adoption par voie référendaire. Le chemin est en passe d’être balisé pour que les urnes deviennent à nouveau la seule base de légitimité des dirigeants des institutions publiques.

Comme souvent, des voix s’élèvent dans le pays pour dénoncer un processus « hâtif » du fait que les pourparlers de paix en cours depuis le mois de mars à Doha, au Qatar, ne sont pas terminés. Dans la même ville qatarie néanmoins est intervenue le 8 août la signature d’un texte d’accord entre les autorités tchadiennes de transition et une quarantaine de groupes rebelles soutenant l’évolution actuelle. C’est à la suite de cet accord que deux chefs-rebelles connus, Mahamat Nouri et Timan Erdimi sont rentrés au pays dix jours plus tard après des années d’exil.

Timan Erdimi, faut-il le rappeler, est le leader de l’Union des forces de la résistance-UFR-, la fameuse rébellion qui tenta par deux fois, mais en vain, en 2008, puis en 2019, de prendre N’Djamena et renverser feu le président Déby. Comme lui, Mahamat Nouri, responsable de l’Union des forces pour la démocratie et le développement-UFDP-, entend participer à l’œuvre de construction du pays, mais en raison d’ambitions personnelles légitimes, on peut croire que les deux ainsi que bien d’autres acteurs ne se contenteront certainement pas de jouer les seconds rôles.

Le chef de l’Etat de transition, Mahamat Idriss Déby Itno va sans doute être confronté à l’une des plus délicates épreuves de sa présidence du Tchad. A Doha, il a pu arracher le consensus de la majorité des groupes armés invités au pré-dialogue, à N’Djamena il lui faudra trouver avec ces derniers, les partis politiques ainsi que la société civile, les garanties d’un apaisement général, de sorte qu’au bout de ce chemin qu’ils font ensemble, triomphe la cause nationale. Il ne faut pas oublier que reconquérir la paix intérieure est le plus grand défi à relever pour ce pays, et qu’une fois cette étape franchie, les bénéficies profiteront à son peuple et à ses voisins.  

Il ne sert à rien de rappeler que N’Djamena joue un rôle important au sein de la sous-région d’Afrique centrale. La mise en œuvre des politiques publiques d’intégration à travers les instances communautaires s’est souvent heurtée aux problèmes sécuritaires que connaissent la plupart des Etats membres. D’où le souhait de voir le dialogue engagé au Tchad aboutir à une réconciliation nationale autour des valeurs partagées et pour l’application desquelles le seul arbitre restera le peuple tchadien appelé le moment venu à déléguer ses pouvoirs à ses filles et fils qui le méritent.

Gankama N'Siah

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