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New York

Samedi 25 Septembre 2021 - 18:42

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Capitale du monde, le temps de l’Assemblée générale des Nations unies, la soixante-douzième du genre, la mégalopole américaine gratte-ciel et lumières, concentre tous les regards depuis le 21 septembre. Non seulement il y avait longtemps que les dirigeants de la planète, du fait de la crise sanitaire de covid-19, n’étaient plus réunis en cette circonstance, mais le rendez-vous de ce mois-ci a lieu dans un contexte particulier au regard des tensions qui l’entourent.

Pour les participants, ce rendez-vous a toujours été celui des discours, des remontrances et tout de même aussi des plaidoyers constructifs. Chef du pays d’accueil, le président des Etats-Unis, Joe Biden, a ainsi pris la parole pour la toute première fois dans cette enceinte depuis son élection à la tête de la première puissance mondiale. Conscient des menaces de tous genres qui pèsent sur l’humanité, et du danger que représentent les rivalités entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, le locataire de la Maison Blanche a prôné l’apaisement dans les relations internationales. « Non à une nouvelle guerre froide », a-t-il déclaré en substance en regardant vers la Chine.  

Ceci dit, les sujets de préoccupation pour l’Amérique et le reste des nations sont nombreux : Afghanistan, nucléaire iranien, covid-19, changement climatique, conflit israélo-palestinien, relations toujours exécrables entre l’Occident et la Russie, montée en puissance de la Chine, Europe et ses soucis d’indépendance stratégique, missiles de la Corée du Nord, crise des migrants, autant d’axes de travail sur lesquels se penchent les gouvernements sans  savoir s’ils verront un jour le bout du tunnel. Dans ce chapelet, en toute évidence, Washington et ses alliés ambitionnent d’être les grands managers.  

Vingt années passées à bâtir un Afghanistan démocratique, qui se résument à une évacuation à brule-pourpoint des troupes alliées sous la menace des Talibans redevenus maîtres des lieux, ne se fêtent ni ne se tolèrent pas. A défaut de reprendre les armes sur un terrain qui s’est avéré trop glissant, l’Occident va laisser le temps gérer les émotions du présent. Car pour les nations dites libres, le problème de l’Afghanistan, ce n’est pas tant le départ précipité des forces alliées, mais la manière dont les nouveaux dirigeants du pays vont gouverner.

Quand on voit l’attachement qu’ils ont pour leur pays, les Afghans contraints à l’exil par la force des choses ne cesseront de rêver revenir chez eux, retrouver les leurs, leurs terres et leurs habitudes. Il ne faudrait donc pas que dans les pays qui les accueillent, leur séjour se transforme en un cauchemar collectif pour eux-mêmes et pour leurs hôtes. D’où l’appel lancé aux Talibans d’œuvrer à organiser le pouvoir qu’ils ont gagné, évidemment de haute lutte, au profit de leurs compatriotes.

A charge pour les pays qui ont commencé à commercer avec le gouvernement de Kaboul de répéter ce message jusqu’à ce qu’il soit compris de ces derniers. L’Assemblée générale de l’ONU est une tribune indiquée pour exercer une telle pression. Plus les orateurs prendront fait et cause pour un Afghanistan converti à la liberté, plus les Talibans auront conscience de ce que les pays ont beau être souverains, leurs dirigeants ont beau être légitimes, tout pouvoir qui ne profite pas à la population, à la grande majorité, est voué à la défaite. Les nouveaux dirigeants afghans dont certains étaient déjà il y a vingt ans sont bien placés pour le savoir.  

Gankama N'Siah

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