Panafricanisme : Denis Sassou N’Guesso appelle à plus d’engagement

Samedi 29 Novembre 2025 - 13:07

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Dans son discours sur l’état de la Nation devant le Parlement réuni en congrès, le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, a lancé le 28 novembre un appel à la consolidation du panafricanisme.

« Berceau de l’humanité, l’Afrique, forte de ses atouts et qui se réveille après la longue nuit de l’esclavage et de la colonisation, se positionne aujourd’hui comme le continent d’avenir », a déclaré Denis Sassou N’Guesso. Parlant du panafricanisme, « un mouvement fondé sur une vision sociale, économique et culturelle prônant l’indépendance totale de l’Afrique, l’émancipation et l’intégration des peuples africains », devrait, selon le chef de l’Etat congolais, « être à la base de nos grandes options politiques et nos choix stratégiques ».

« Je rappelle que la paix est un préalable fondamental au développement. C’est pour cela que la République du Congo s’inscrit dans toutes les initiatives qui visent à restaurer la paix en Afrique », a indiqué le président de la République. En effet, il estime que la paix est une condition essentielle pour que le développement soit possible. Sans paix, il n'y a ni stabilité, ni investissement, ni croissance économique, ce qui entrave le progrès social et économique, car les conflits entraînent la violence, la destruction de ressources et des pertes humaines. 

En janvier 2021, l’Union africaine a lancé la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlécaf), pour accroître le commerce intra-africain, stimuler le développement inclusif et durable de l’industrie, de l’infrastructure et de l’agriculture. Sur ce, Denis Sassou N’Guesso a plaidé pour des infrastructures de qualité aux frontières pour faciliter la libre circulation des biens et des personnes. « La Zone de libre-échange continentale africaine, expression du panafricanisme économique, ne sera véritablement opérationnelle et au service de nos peuples que si elle prend appui sur des infrastructures viables. Le libre-échange et la libre circulation de personnes et de biens supposent la construction et la disponibilité de voies de communication routières, ferroviaires, portuaires, aéroportuaires modernes. Par exemple, l’on ne peut imaginer l’industrialisation et la modernisation de l’Afrique sans infrastructures énergétiques. Or, à ce jour, 600 millions d’africains n’ont pas accès à l’électricité », a insisté le chef de l’Etat.

 Donner l’accès à l'électricité d'ici 2030

Dans la foulée, Denis Sassou-N’Guesso a appelé à adhérer à la « Mission 300 », une initiative lancée par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et quelques donateurs américains, visant à donner accès à l'électricité à 300 millions d'africains d'ici 2030. Cette mission s'inscrit dans le cadre de l'objectif de développement durable. Son appel vise à renforcer l’engagement du Congo envers cette initiative pour accroître les investissements dans les infrastructures énergétiques du pays. Le projet du pool énergétique de l’Afrique centrale offre, selon lui, « des perspectives fort remarquables d’intégration de nos pays en matière d’électricité, ce qui constitue une bonne illustration dans ce secteur du panafricanisme ».

Par ailleurs, le chef de l’Etat a exprimé son espoir de voir le pont route-rail entre Brazzaville et Kinshasa se concrétiser. « Ce binôme, qui unit la République du Congo et la République démocratique du Congo avec le liant du panafricanisme, appelle la mobilisation de nos efforts partagés, pour une intégration de nos réseaux de transport routier et ferroviaire ».

« C’est toujours dans la conjugaison assidue et efficace de leurs efforts que nos deux pays ont réussi à porter, dans un élan panafricaniste, la rumba congolaise sur les fonts baptismaux du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. La mise en commun de nos ressources ne peut que nous ouvrir les voies du succès. Mais elle favorise aussi cette solidarité que prône à tue-tête le panafricanisme, d’où le rôle clé de nos routes à vocation inter-régionale, déjà opérationnelles ou en construction », a rappelé le président de la République.

Il en est de même, a-t-il ajouté, pour le projet d’exploitation minière conjoint du fer de haute qualité du mont Nabemba, par le Congo et le Cameroun, à cheval sur la frontière entre les deux pays, « qui constitue l’expression patente de notre adhésion aux valeurs d’unité et de solidarité ».

« Dans un monde qui se décompose par-ci, se recompose par-là, il est plus que jamais impérieux, pour nous, de donner plus de relief, plus d’épaisseur à notre vocation panafricaniste. Nous devons porter encore plus haut l’étendard de notre engagement pour l’Afrique. Le Vert, la première couleur de notre drapeau tricolore, symbolise nos espérances et notre optimisme en l’avenir. Que ce Vert puisse davantage se confondre au Vert du drapeau de l’Union africaine pour stimuler à jamais notre mobilisation et nos efforts afin que triomphent les idéaux du panafricanisme », a conclu Denis Sassou N’Guesso.

Yvette Reine Boro Nzaba

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