Afrique-Monde
Au-delà du sort d'un ancien médecin rwandais, le procès en appel d'Eugène Rwamucyo interroge la responsabilité des élites, la lutte contre l'impunité et la place de la justice internationale dans la mémoire des génocides.
Le procès en appel d'Eugène Rwamucyo dépasse largement le cadre d'une procédure pénale ordinaire. En requérant trente années de réclusion criminelle contre l'ancien médecin rwandais, l'avocate générale Aude Duret place au cœur du débat une question essentielle du droit international contemporain : jusqu'où s'étend la responsabilité individuelle dans la mise en œuvre d'un génocide ? Trente-deux ans après les massacres de 1994, la justice française poursuit son travail de reconstitution de l'une des tragédies les plus meurtrières de la fin du XXᵉ siècle. Ce procès illustre l'évolution du droit pénal international, qui ne limite plus ... Lire la suite
En expulsant deux diplomates européens après une résolution du Parlement européen sur les libertés fondamentales, le capitaine Ibrahim Traoré accélère sa stratégie d'affirmation souverainiste et redessine les rapports de force entre le Sahel et l'Occident.
Le Burkina Faso vient d'ouvrir un nouvel épisode de sa confrontation avec les partenaires occidentaux. En déclarant persona non grata le chef de délégation adjoint de l'Union européenne (UE) et une responsable des programmes européens, les autorités de Ouagadougou envoient un message qui dépasse largement le cadre diplomatique. Cette décision traduit une volonté assumée de transformer la souveraineté en instrument politique, diplomatique et géostratégique. L'expulsion intervient quelques semaines après l'adoption, le 18 juin, par le Parlement européen, d'une résolution dénonçant la persistance de la ... Lire la suite
La France a célébré, le 14 juillet, sa fête nationale avec le traditionnel défilé militaire sur les Champs-Élysées à Paris, organisé cette année dans un contexte marqué par une forte mobilisation sécuritaire, une vague de chaleur exceptionnelle et un soutien affirmé à l’Ukraine. L’ambassadeur Rodolphe Adada, pour le compte de la République du Congo, a été représenté par le ministre conseiller Armand Rémy Balloud-Tabawé.
Mardi 14 juillet, jour d’affluence exceptionnelle avec la participation de plus de 50 000 personnes inscrites au préalable. Dans les tribunes, la présence de vingt-cinq chefs d’Etat pour assister au défilé sur le thème du « Réveil stratégique de l’Europe », mettant à l’honneur les trente-cinq pays de la « coalition des volontaires » engagés en soutien à l’Ukraine. Environ 500 militaires issus de cette coalition ont ... Lire la suite
En visant le chef de l'État guinéen devant la justice française pour disparition forcée, les familles de deux opposants déplacent le rapport de force du terrain politique vers le droit international. Une procédure aux conséquences potentiellement majeures pour Conakry, Paris et les relations franco-africaines.
La plainte déposée devant le tribunal judiciaire de Paris contre le président guinéen, Mamadi Doumbouya, marque une nouvelle étape dans l'internationalisation de la crise politique en Guinée. Au-delà du sort d'Oumar Sylla, dit Foniké Menguè, et de Mamadou Billo Bah, deux figures de la société civile disparues depuis leur arrestation le 9 juillet 2024, cette initiative ouvre un front inédit où se croisent diplomatie, justice internationale, droits humains et intérêts stratégiques. Les épouses des deux opposants, représentées par les avocats William ... Lire la suite
La présidente de l’Assemblée nationale de Québec, Nathalie Roy, a été élue à l’issue de la 51e session de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), tenue à Yaoundé, au Cameroun, du 7 au 12 juillet. Elle succède au Camerounais Hilarion Etong pour les deux prochaines années.
Près de 400 parlementaires et responsables issus de plus de 90 pays ont débattu des enjeux de paix, de démocratie, de bonne gouvernance et du climat des affaires au Cameroun. La République du Congo a été représentée par une forte délégation comprenant, entre autres, le président du Sénat, Pierre Ngolo, président d'honneur de la section APF-Congo; et le deuxième-vice-président de l'Assemblée nationale, Roland Bouity-Viaudo, président délégué de l’APF Congo.
La présidente de l’Assemblée nationale du Québec a rappelé le contexte assez complexe dans lequel elle ... Lire la suite
De l'Éthiopie au Sahel, le Kremlin déploie une stratégie mêlant nucléaire, défense, minerais et diplomatie économique pour concurrencer l'Occident, la Chine et les puissances du Golfe sur le continent.
La nouvelle tournée africaine du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, confirme une mutation profonde de la stratégie de Moscou sur le continent. Derrière les rencontres officielles à Addis-Abeba puis à Niamey se dessine une ambition beaucoup plus vaste : transformer l'influence militaire acquise ces dernières années en une présence économique, industrielle, énergétique et diplomatique durable. Cette évolution répond à un impératif stratégique. Si les sociétés militaires russes ont permis à Moscou de renforcer rapidement sa présence au Sahel, cette influence demeure fragile sans relais économiques. Les coulisses diplomatiques révèlent ... Lire la suite
L'archevêque métropolitain de Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo, a échangé avec le président de la République du Congo, Denis Sassou N'Guesso, le 9 juillet à Brazzaville, sur la crise politique et sécuritaire qui secoue la République démocratique du Congo (RDC). Cette rencontre s'inscrit dans une série de consultations régionales visant à favoriser le dialogue et le retour à la stabilité dans ce pays.
À Brazzaville, le cardinal Fridolin Ambongo était accompagné de l'abbé Donatien Nshole, secrétaire général et porte-parole de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Au cœur des échanges figurait la situation politique et institutionnelle en RDC, dans un contexte marqué par la persistance du conflit armé dans l'Est du pays, où les affrontements continuent de faire des victimes et de provoquer le déplacement de milliers de personnes. Les ... Lire la suite
La nouvelle tournée africaine du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, confirme une évolution majeure de la stratégie de Moscou sur le continent.
Après avoir longtemps fondé son retour en Afrique sur les questions sécuritaires, la Russie cherche désormais à bâtir une influence multidimensionnelle, articulée autour de l'énergie, des infrastructures, de la diplomatie économique et de la coopération militaire. Les étapes d'Addis-Abeba puis de Niamey illustrent cette montée en gamme. En Éthiopie, Moscou ne s'est pas contenté de réaffirmer une coopération historique. Les discussions autour de la future centrale nucléaire civile témoignent d'une ambition plus profonde : s'inscrire durablement dans la transformation industrielle de la première économie de la Corne de l'Afrique. Pour Addis-Abeba, confrontée à une demande énergétique en forte ... Lire la suite
Avec près de 1,2 million de demandes de régularisation, Madrid rompt avec le durcissement migratoire européen. Derrière ce choix politique se dessine une stratégie économique, démographique et géopolitique qui pourrait rebattre les cartes de la compétition pour les talents en Europe.
Alors que la plupart des États européens renforcent leurs politiques migratoires sous la pression des partis populistes et d'extrême droite, l'Espagne fait figure d'exception. En clôturant, le 30 juin, son vaste programme de régularisation des migrants en situation irrégulière, le gouvernement de Pedro Sánchez envoie un signal fort : l'immigration n'est plus seulement un enjeu sécuritaire, mais un facteur de compétitivité économique et de puissance nationale. Près de 1,2 million de demandes ont été déposées en moins de trois mois. Si environ 500 000 régularisations sont ... Lire la suite
Réunis dernièrement à Luanda, en Angola, les chefs de défense africains et américains ont esquissé une nouvelle architecture de coopération où sécurité, industrie, innovation et investissements deviennent les piliers de la compétition géopolitique sur le continent.
La Conférence des chefs de défense africains (Achod 2026), organisée à Luanda, marque une évolution stratégique de la présence américaine en Afrique. Loin des seules opérations militaires, les États-Unis cherchent désormais à inscrire leur influence dans une approche globale combinant sécurité, développement économique, innovation technologique et partenariats industriels. Placée sur le thème « Exploiter nos forces : faire progresser la sécurité régionale pour une prospérité durable », la rencontre a illustré la volonté de l'US Africom de repositionner son action face à un ... Lire la suite



















