« Paysan et fier de l’être » : leitmotiv des agriculteurs de Mindouli

Vendredi 27 Novembre 2020 - 13:02

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Perchée sur une montagne, la ferme pilote du groupement agropastoral de Mindouli a pour ambition de raviver ce secteur délaissé par les jeunes via des enseignements et des conseils. Un concept qui marche plutôt bien puisque des jeunes reviennent à la terre et sont désormais fiers de ce travail.

 

 « Le paysan n’est pas seulement un producteur, il participe au développement du pays, s’il disparaît, c’est toute la chaîne alimentaire qui en prend un coup », lance Benoit Balossa, paysan et concepteur du broyeur qui porte fièrement son t-shirt sur lequel est inscrit « Paysan et fier de l’être ». Entre maraîchage et élevage de volaille et porcins, les agriculteurs de l’ONG Gescod ont réussi leur pari : attirer de plus en plus de jeunes à s’intéresser aux métiers de la terre. C’est le cas d’Héloïme, la vingtaine, venu de Pointe-Noire. « A la suite d'une épidémie en 2013 dans le village, j’ai perdu treize cabris. C’est ce qui m’a poussé à partir. A mon retour, il y a trois mois, j’étais agréablement surpris de constater que les choses ont changé et j’ai tout de suite contacté papa Nkounkou qui encadre les jeunes. Depuis, j’apprends les techniques de base à ses côtés », a témoigné Héloïme. Et de poursuivre : « Le développement d’un pays passe aussi par ce secteur. Pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, il faut au préalable que notre agriculture soit développée.  Au Congo, on néglige souvent ce secteur.»

  Zélé et plein d’ambition, Juvénal est aussi un heureux bénéficiaire du projet. « Le travail de la terre, pour moi, est un moyen par lequel on peut lutter contre la dépendance alimentaire et le chômage. Mais, pour y parvenir, il y a beaucoup de défis à relever », indique ce dernier. « Aujourd’hui, nous travaillons pour décomplexer les paysans. C’est pourquoi on a besoin de jeunes motivés et dynamiques, qui vont se distinguer par leur travail », a souligné Jean Claude Niasoba, vice-président du Conseil département du Pool.

Convaincu, quant à lui, Nkounkou Joseph, formateur, a noté : «Plus l’agriculture est développée, mieux une population se porte ! » Et de rappeler l’importance de leur métier aux jeunes agriculteurs : «Nous voulons montrer aux jeunes qui intègrent nos rangs qu’être paysan ne signifie pas être le dernier de la société. Ils ont droit à l’instruction, à s’habiller décemment. Et être agriculteur ne devrait pas les faire sentir inférieurs par rapport à d’autres métiers

Impliquer les lycéens dans la chaîne

Raul Mateus Paula, ambassadeur de l’Union européenne, a suggéré que l’on implique les jeunes lycéens issus des écoles agricoles au concept « Paysan et fier de l’être », afin d’en faire une notion nationale et, par conséquent, à changer les mentalités. « Ce qui m’a surpris au Congo, c’est qu’on mange du poulet aux hormones importé et qui n’est d’ailleurs pas de très bonne qualité. Développer l’élevage de volaille et de porcins sur place est une belle initiative qu’il faudrait élargir à Brazzaville et Pointe-Noire parce qu’il y a une forte demande, vue que la population veut consommer bio », a suggéré l’ambassadeur. Ce genre d’initiative permet, selon lui, de diversifier l’économie du Congo et de lutter contre la pauvreté. « Les jeunes sont en train de prendre conscience et reviennent à la terre, ils ont compris que c’est une activité qui pouvait les faire sortir du chômage », a conclu Nkounkou Joseph.

 

Berna Marty

Légendes et crédits photo : 

Photo1: Héloïme, éleveur de volaille Photo 2 : Benoit Balossa, membre du groupement

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