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Pied de grue...

Mercredi 12 Janvier 2022 - 17:26

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… Ou de guerre. Les deux pays frondeurs parmi les quinze membres de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) devront, tôt ou tard, s’ils ne l'ont déjà fait, choisir entre les deux options. Faire le pied de grue pour implorer la compréhension de leurs partenaires de voisins, jusqu’à ce qu’ils élaborent d’un commun accord un calendrier de sortie de crise, ou être sur le pied de guerre en poursuivant un improbable bras de fer au sein de l’ensemble sous-régional.  

N’ayant pu tenir leur promesse d’organiser les élections, au plus tard au mois de février prochain comme elles s’y étaient engagées, les autorités maliennes de transition se sont mises à dos les chefs d’Etat et de gouvernement de leur sous-région. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est bien le résultat des assises nationales organisées récemment à travers le pays, qui propose un délai de quatre à cinq ans pour le retour des militaires dans leurs casernes. Inacceptable pour la Cédéao qui a prononcé de lourdes sanctions contre la junte malienne.

Rappel des ambassadeurs, fermeture des frontières, gel des avoirs : autant de mesures fortes qui pourraient tendre encore un peu plus le climat dans un Mali toujours en proie à l’insécurité. Alors même que passée la torpeur provoquée par la double prise du pouvoir par les militaires en l’espace de neuf mois, entre août 2020 et juin 2021, la classe politique opposée au maintien des hommes en armes au sommet de l’Etat avait commencé à les contester plus ou moins vivement. Ce vent de liberté souffrira sans doute de la crispation qui s’installe à présent.

Après avoir, à son tour, exercé la réciprocité en décidant le retour au Mali de ses ambassadeurs en poste dans les treize autres pays de la Cédéao, il semble que le gouvernement malien se soit ressaisi. Le président de transition, le colonel Assimi Göita, s’est en effet déclaré ouvert au dialogue car pour un Etat-membre, être mis au banc de la Communauté c’est se priver de la visibilité qui ouvre les portes vers l’extérieur sur les plans économique, politique, diplomatique et sécuritaire. Pour ce qui concerne la défense et la sécurité évidemment, Bamako focalise tous les regards depuis que la junte au pouvoir a décidé de coopérer militairement avec la Russie.

Les sanctions de la Cédéao à l’encontre du Mali ont aussi fait réagir la Guinée. Exclue de l’organisation depuis le coup d’Etat du 5 septembre dernier, la Guinée critique ouvertement les choix de cette dernière. Elle l’a encore fait aussitôt après les annonces des chefs d’Etat ouest-africains. En déclarant dans un communiqué lu, le 10 janvier, en présence d’une grappe d’hommes en uniformes, qu’elle ne fermera pas ses frontières avec le Mali. Dans le cas d’espèce, on pourrait ne pas parler d’un gouvernement de transition faisant le pied de grue.

Les Dépêches de Brazzaville

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