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RDC, 2023

Samedi 7 Août 2021 - 17:29

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« J’ai le droit de faire deux mandats ». Jeune Afrique n°3102, juillet 2021, page 35. Huit feuilles de « Grande interview », photos comprises, au dénouement de laquelle le président de la République démocratique du Congo-RDC-, Félix Tshisekedi, s’est ouvert de ses ambitions et de ses intentions pour son pays déclarant, sans l’ombre d’un moindre doute, qu’il briguera un second mandat à la tête de celui-ci en 2023.

La constitution ne l’interdisant pas, le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social, -UDPS-, élu président de la République en décembre 2018, ne veut pas quitter le Palais de la nation, siège des institutions publiques en RDC, après seulement cinq années d’exercice. Il déclare avoir une « vision » et voudrait la « concrétiser » avant d’envisager de passer la main. Sachant que ses adversaires pourraient le soupçonner de vouloir à tout prix « rester », quitte à tenter un passage en force, le président modère son désir. Il ne pourrait en effet « poursuivre sa mission » que si ses compatriotes lui accordent « ce second mandat ».

Sans qu’elle ne soit dans la grille d’une actualité de première main, ses prémices étant depuis plus qu’observables, cette déclaration du président Tshisekedi pose néanmoins les jalons de la future confrontation électorale lors de ce scrutin majeur en RDC. Les candidats pourront donc être nombreux à faire valoir leurs visions pour leur nation. Par petites touches, Joseph Kabila a continué à communiquer dans le dessein d’un ancien chef de l’Etat qui ne souhaite pas rester indéfiniment hors des allées des lieux où s’élaborent les grandes décisions sur la marche du monde et de son pays. Il pourrait être du match.

S’il avoue pour sa part que son prédécesseur n’est pas son ennemi, Félix Tshisekedi sait que dans la perspective de la présidentielle à venir, lui et Joseph Kabila, son ex-allié de la coalition FCC-CACH, seront peut-être de ces dirigeants qui animeront encore la scène politique de la RDC. Et qu’il faudrait en même temps tenir compte du positionnement des hommes comme Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, ou encore Martin Fayulu dont le résultat du scrutin passé est resté en travers la gorge.

En déclarant dans la même interview que sous lui, « le Congo ne sera plus l’otage de ses politiciens », le chef de l’Etat redoute les conflits qui naissent et se nourrissent des inimitiés des responsables des partis politiques et autres opérateurs attirés par le pouvoir. Obtenir que cela ne soit pas le cas, que ceux dont le rêve est de gravir les échelons de la position suprême dans leur pays le fassent désormais avec moins d’apprêté, n’est pas un combat gagné d’avance. En RDC comme ailleurs, les règles du jeu sont telles que le moment venu, en fonction du rang qu’ils tiennent ou du fruit qu’ils veulent cueillir, les « fameux » politiciens en soient toujours les meneurs.

Faire en sorte que ce jeu se déroule de la meilleure des façons, voilà ce à quoi doivent tendre les acteurs intéressés. Pour ce pays doté d’énormes potentialités, qui pour assurer ses frontières a repris langue avec certains de ses voisins qu’un passé douloureux opposait, 2023 devra être une compétition au cours de laquelle ses filles et fils décideront de leur avenir dans la paix et la tranquillité. Ils en ont pris l’habitude et s’en sortent chaque fois malgré les écueils que pose ce type de retrouvailles.  

Gankama N'Siah

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