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Samedi 15 Janvier 2022 - 15:45

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Nous exposions ici même, le 5 janvier, ces sujets de politique internationale, les uns aussi importants que les autres, non résolus en 2021, qui se sont déportés sur l’année en cours, avec l’espoir que l’on y trouvera des solutions appropriées. Nous évoquions le Mali, la Guinée, et le Tchad, trois pays confrontés à des transitions militaires, et surtout pour les deux premiers, à une averse de réactions intérieures et extérieures qui en disent long sur la crainte d’un possible envenimement, si l’on n’y prend garde.

Au demeurant, la crise malienne qui n’a pas commencé avec le double coup d’Etat dont est issue la junte actuelle avait, dès le début, quelque chose de particulièrement transfrontalier. Primo, les djihadistes qui s’étaient emparés du nord du Mali menaçant de fondre sur le sud, venaient pour certains de Libye, un pays mis sens dessus-dessous après l’intervention occidentale dirigée contre Mouammar Kadhafi. Secondo, ils sortaient de plusieurs pays de la région.  

Le péril qui guettait ainsi l’Etat du Mali a poussé la France à voler au secours du régime de transition en place, en 2013, montrant combien cette crise politique interne étendue à la vaste région sahélienne devenait transcontinentale. Les forces françaises, agissant sous mandat de l’Organisation des Nations unies, ont endigué la progression des rebelles vers la capitale Bamako, sans parvenir, on s’en rend compte, à gagner la longue guerre imposée par la complexité du terrain, les intérêts contradictoires des parties maliennes combinés à la déliquescence des institutions publiques.

A l’heure où les coopérations s’entrechoquent dans le Sahel, le Mali exposant clairement sa volonté d’intensifier sa relation militaire avec la Russie, la question de fond est que depuis bien longtemps, les politiques de développement entre l’Afrique et ses différents partenaires n’ont pas atteint leurs objectifs. La paupérisation des jeunes Etats du continent qui s’en est suivie a ouvert la voie à des incertitudes sur lesquelles prospèrent, d’un côté, des fondamentalismes religieux violents, et de l’autre, quelques hommes providentiels en treillis.

Pour le cas d’espèce, le dialogue de sourds s’installant davantage entre Bamako et les autres capitales d’Afrique de l’ouest, la fermeté des pays européens faisant son chemin, il est judicieux, même impérieux, que l’Union africaine fasse entendre sa différence. En se posant en médiatrice entre le Mali et ses voisins, elle pourrait obtenir de la junte un assouplissement de son appétit pour le pouvoir et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest un meilleur accompagnement de ce pays vers la sortie de crise.

Les Dépêches de Brazzaville

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