UAT 2026 : Luc Missidimbazi joue la dernière carte congolaise à AbujaMercredi 22 Juillet 2026 - 15:18 La course à la tête de l'Union africaine des télécommunications (UAT) est entrée dans sa phase décisive. Porté par le Congo depuis mai 2025, l'ingénieur Luc Missidimbazi a rallié Abuja, au Nigeria, où se joue dans les prochains jours l'issue d'une campagne diplomatique menée sur l'ensemble du continent.
Luc Missidimbazi y affronte des candidats venus d'Afrique du Sud, de Zambie, de Tunisie et du Cameroun, devant les 52 États membres appelés à trancher. Pour ces derniers jours de négociations, le candidat congolais s'est fixé une feuille de route resserrée : consolider les soutiens déjà acquis auprès des pays qui se sont fermement engagés, convaincre les délégations encore indécises, et tenter de rallier celles qui avaient au départ penché pour d'autres candidatures. Trois piliers pour convaincre Devant les 52 délégations, l'argumentaire congolais s'appuie sur trois axes. Le premier porte sur l'équilibre de la gouvernance continentale, avec une représentation plus juste des sous-régions dans les grandes orientations numériques de l'Afrique. Le deuxième met en avant l'expérience du candidat en matière de développement et de transformation digitale, présentée comme un gage de capacité à exécuter les décisions du Conseil d'administration. Le troisième, enfin, engage une promesse de fédération : réunir l'ensemble des membres de l'UAT, des plus petits aux plus grands, dans une co-construction du numérique africain qui ne laisse personne à l'écart. Interrogé sur l'hypothèse d'une victoire, Luc Missidimbazi a rappelé les limites institutionnelles du poste : le secrétariat général exécute les orientations fixées par le Conseil d'administration, lui-même mandaté par les plénipotentiaires. Une fois la feuille de route reçue, il entend cependant engager rapidement un état des lieux de l'économie numérique africaine, afin d'identifier les acteurs déjà actifs et ceux qu'il faudra remobiliser. Sur les 52 membres que compte l'UAT, tous ne participent pas activement à la vie de l'institution ; réactiver ce socle serait, selon lui, le premier chantier du mandat. Un enjeu de rayonnement pour le Congo Au-delà de la personne du candidat, l'enjeu dépasse largement le seul secrétariat général. Pour le Congo, une victoire à Abuja offrirait un rayonnement à la fois africain et mondial, porté par un compatriote à la tête d'une institution panafricaine. Elle permettrait aussi au pays de peser davantage dans des décisions numériques mondiales dont il s'estime longtemps resté à la marge, notamment sur les grands arbitrages liés à l'intelligence artificielle. S'y ajoute une dimension de soft power : la fonction ouvre mécaniquement des relations avec de nouveaux partenaires publics et privés, dont le pays d'origine peut légitimement espérer tirer bénéfice. Cet accompagnement s'est construit avec le concours actif de l'Agence de régulation des postes et des communications électroniques, organe technique congolais et représentant du pays dans les instances internationales du secteur. Sa maîtrise des réseaux internationaux, portée notamment par le leadership de son directeur général, Louis-Marc Sakala, longtemps président du Réseau francophone de la régulation des télécommunications, a permis de mobiliser plusieurs soutiens autour de la candidature. L'agence a assuré, par ailleurs, une partie du financement de la participation congolaise à ces instances. Une candidature adossée à un large soutien national Luc Missidimbazi a tenu à rappeler que cette candidature n'aurait pas atteint Abuja sans un accompagnement institutionnel de premier plan. Il a salué le président de la République, Denis Sassou N'Guesso, qui a personnellement instruit le gouvernement, sur proposition du Premier ministre, de mettre tous les moyens nécessaires au service de cette ambition. Il a également remercié le Premier ministre, ainsi que l'ensemble des ministres sectoriels engagés pour ce dossier. Il n'a pas manqué de saluer le corps diplomatique congolais, dont l'action en Europe comme en Afrique a pesé, selon lui, d'un poids important dans la mobilisation des soutiens. « Ce voyage à Abuja sera une belle expérience à partager, mais surtout l'occasion de rendre fier notre pays d'avoir un cadre qui réussit au niveau africain », a-t-il conclu, à quelques jours d'un scrutin qui doit désormais trancher, dans les urnes, plusieurs mois de campagne continentale. Quentin Loubou Légendes et crédits photo :Luc Missidimbazi, candidat du Congo au poste de secrétaire général de l'UAT / DR Notification:Non |


La capitale nigériane accueille, du 16 au 24 juillet, l'ensemble des instances qui décideront de la direction de l'UAT pour les quatre prochaines années. Une session spéciale du Conseil d'administration a ouvert la séquence les 16 et 17 juillet, avant un comité préparatoire fixé les 20 et 21, dernière étape de consultations avant le scrutin. La Conférence des plénipotentiaires, organe suprême de l'institution, se réunira les 23 et 24 juillet pour élire, à bulletin secret, le prochain secrétaire général.








