Zone Cémac : les États membres appelés à renouer avec le FMI

Jeudi 22 Janvier 2026 - 13:30

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Réunis à Brazzaville pour une session extraordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), prélude au sommet des chefs d’État et de gouvernement, les pays de la zone Cémac cherchent à renforcer la coordination de leurs politiques économiques. Pour le ministre gabonais de l’Économie et des Finances, Thierry Minko, l’urgence est à l’accélération des réformes, à la consolidation de la stabilité monétaire et au renforcement du partenariat avec le Fonds monétaire international (FMI), dans un contexte jugé préoccupant mais loin d’être alarmant.

 

Face à la presse, ce 21 janvier à Brazzaville, le ministre gabonais de l’Économie et des Finances, Thierry Minko, a rappelé l’esprit de cette concertation. « La sous-région fait face à un certain nombre de défis économiques, financiers et monétaires. Il était donc important que nous nous retrouvions afin d’explorer ensemble les mesures à prendre, lesquelles seront soumises à la très haute attention des chefs d’État », a-t-il expliqué, réaffirmant l’engagement du Gabon à rester pleinement aligné sur les décisions communautaires.

Dans cette dynamique, a-t-il poursuivi, Libreville a fait le choix de renforcer sa coopération avec le Fonds monétaire international. « Les plus hautes autorités du Gabon ont décidé de saisir le FMI afin d’engager des discussions pour la mise en place d’un programme. Les premiers contacts ont déjà eu lieu et des échanges plus techniques interviendront dans les semaines à venir », a indiqué Thierry Minko. Il a souligné que cette démarche est partagée par les autres pays de la Communauté économique des États de l’Afrique centre (Cémac), à savoir le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, la Guinée équatoriale et le Tchad.

Interrogé sur une éventuelle pression exercée par le FMI sur les pays de la Cémac, le ministre a été catégorique. « Le FMI reste un partenaire privilégié. Il n’impose rien, il apporte une assistance et des conseils. Les décisions appartiennent d’abord aux États de la sous-région », a-t-il insisté, précisant que la collaboration avec l’institution de Bretton Woods s’inscrit dans une logique de partenariat et non de contrainte.

Outre le partenariat avec le FMI, le ministre gabonais a abordé les principaux sujets de préoccupation de la sous-région, notamment la baisse progressive des réserves de change. Une situation liée, selon Thierry Minko, à la forte dépendance des économies de la Cémac aux exportations de matières premières, au ralentissement de la croissance mondiale, à la baisse des prix internationaux et, dans certains cas, à des importations massives. « Il ne s’agit pas d’une situation dramatique », a-t-il tenu à rassurer, évoquant plutôt une approche fondée sur le principe de précaution. Les réserves de change couvrent aujourd’hui environ 3,6 mois d’importations, un niveau jugé confortable et très éloigné d’un risque de dévaluation.

Le ministre gabonais a également défendu la réglementation des changes révisée par la Banque centrale, souvent critiquée par certains acteurs économiques. « Cette réglementation est efficace. Au contraire, c’est grâce à son application que nous constatons aujourd’hui des effets bénéfiques sur les réserves », a-t-il affirmé, précisant que les autorités encouragent les opérateurs économiques à domicilier leurs fonds auprès de la Banque centrale afin de renforcer les réserves communes.

Pour Thierry Minko, la convocation de cette session extraordinaire répond avant tout à un besoin de suivi et d’accélération des politiques déjà engagées. « Nous sommes dans un mécanisme normal de contrôle des politiques publiques. L’objectif est de donner un coup d’accélérateur aux réformes, afin de stabiliser davantage notre zone », a-t-il souligné, rappelant que les attentes des populations en matière d’éducation, de santé et de développement social exigent une gestion rigoureuse des finances publiques et de la dette.

Fiacre Kombo

Légendes et crédits photo : 

Le ministre gabonais de l'l’Économie et des Finances/Adiac

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