Zone Cémac : les experts plaident pour une gouvernance renforcée de la finance alternativeVendredi 29 Mai 2026 - 18:40 L'Afrique centrale a besoin d’un cadre réglementaire adapté et de mécanismes innovants capables d’attirer les investissements internationaux. Réunis le 29 mai à Brazzaville à l’occasion de la cinquième édition de l’Africa capital forum, financiers, spécialistes de la finance islamique, sociétés de bourse et investisseurs ont débattu des solutions au développement de la finance verte, inclusive et éthique dans la sous-région.
La mobilisation de la finance alternative, notamment la finance islamique, inclusive et éthique, a été l’un des sujets brûlants. Selon Fabrice Assoumou Essongo, le directeur général d’Okoumé Capital, la finance verte ne devait pas être perçue comme un secteur de niche, mais plutôt comme un ensemble d’activités économiques visant à protéger l’environnement, lutter contre le changement climatique et optimiser l’utilisation des ressources naturelles. S’appuyant sur l’exemple du Gabon, dont près de 88 % du territoire est couvert de forêts, ce financier a souligné l’importance du capital naturel et de l’engagement politique en faveur de la protection de l’environnement. Malgré les dispositifs existants, notamment les garanties bancaires pouvant couvrir jusqu’à 75 % des projets verts, le véritable problème demeure la faiblesse du nombre de projets bancables. « Les institutionnels n’investissent pas dans des projets, ils investissent dans des plateformes capables de présenter des projets bancables », a expliqué Fabrice Assoumou Essongo. Il a également insisté sur le développement des mécanismes de financement adaptés aussi bien aux grandes entreprises qu’aux petites et moyennes entreprises ainsi qu'aux structures communautaires afin de garantir un impact réel au sein des populations. Notons que la finance islamique repose sur le partage des risques, des pertes et des profits, tout comme sur l’investissement responsable. Pour Ernest Fouhe, dirigeant de l’Association des sociétés de bourse d'Afrique centrale, ces concepts sont en parfaite adéquation avec les réalités africaines et les valeurs de solidarité propres aux sociétés bantoues. Plusieurs acteurs de la sous-région disposent déjà de compétences en la matière, précisément ceux adossés à de grands groupes bancaires internationaux. Cependant, Ernest Fouhe a identifié la gouvernance et la transparence comme les principaux défis à relever dans la sous-région. « La compétence peut s’acquérir, mais la culture de la transparence et de la gouvernance reste essentielle pour rassurer les investisseurs », a-t-il affirmé. Le responsable de Kori Asset Management, Patrick Formethe, a quant à lui mis en avant l’importance des investissements socialement responsables, qui représentent aujourd’hui près de 800 milliards d’euros en Europe à travers plus de mille fonds labellisés. L’Afrique centrale doit créer, à son avis, des conditions favorables pour attirer ces investisseurs internationaux en mettant en place un cadre réglementaire plus souple et des corridors spécifiques dédiés à la finance verte et islamique. Spécialiste de la finance islamique et représentant de CBT Bourse, Alfred Beingar Moyangar a plaidé, pour sa part, pour un assouplissement des dispositifs fiscaux afin de favoriser l’essor des produits financiers islamiques.
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La cinquième édition de l’Africa capital forum s’est tenue les 28 et 29 mai dans la capitale congolaise, en parallèle des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), autour du thème « Cap vers des marchés performants et intégrés : de la vision à l’impact ! ». Elle a mobilisé plusieurs acteurs du secteur financier venus réfléchir aux moyens d’accélérer le développement des finances alternatives dans la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (Cémac).








