Dialogue pays : le Congo accélère sa riposte au VIH, à la tuberculose et au paludisme

Mardi 2 Juin 2026 - 14:45

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La présidente du Comité de coordination nationale (CCN), Valerie Maba, a organisé, le 1er juin à Brazzaville, sous la supervision du ministre de la Santé et de la Population, les travaux du dialogue pays. Ce cadre vise à définir les priorités stratégiques de la prochaine note conceptuelle destinée au Fonds mondial, axée sur la lutte contre le VIH, la tuberculose, le paludisme et le renforcement du système de santé afin de le rendre pérenne.

Dans son discours d’ouverture, la présidente du CCN a tenu à souligner l’importance de ce rendez-vous qui constitue un espace d’expression démocratique, inclusif et ouvert. « Notre ambition est de mobiliser l’ensemble des forces vives de la République et de placer les personnes directement concernées par les trois maladies au cœur de nos échanges », a indiqué Valérie Maba.  

Cette rencontre est intervenue, selon elle, dans un contexte marqué par des victoires significatives parmi lesquelles la mobilisation historique de plus de 4 milliards FCFA au titre des fonds de contrepartie, démontrant l’engagement de l’État ; l’ingénierie nationale, avec la soumission dans les délais d’une requête de financement GC8 d’une grande robustesse technique, élaborée par des experts congolais ; et la pérennisation, qui vise à assurer une transition financière maîtrisée vers un système de santé autonome. « Le Congo ne se limite plus à participer à la réponse mondiale. Il trace désormais la voie de son économie sanitaire », a insisté Valérie Maba.

Prenant la parole au nom du gouvernement, le ministre de la Santé et de la Population, Jean Rosaire Ibara, a salué l’engagement indéfectible du Fonds mondial depuis plus de vingt ans. Il a rappelé les avancées significatives réalisées dans l’amélioration de l’accès aux antirétroviraux, le renforcement du diagnostic de la tuberculose et l’intensification de la lutte contre le paludisme.

Le ministre a appelé cependant à la lucidité sur la connaissance du statut VIH qui reste encore insuffisante. La tuberculose pharmaco-résistante demeure sous-diagnostiquée, et le fardeau du paludisme reste élevé. Il a également mis en garde contre le nouveau contexte sanitaire mondial, marqué par l’apparition d’une maladie déclarée d’urgence de santé publique par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), depuis le 15 mai dernier. « Même si aucun cas suspect n’est signalé au Congo, nous devons rester attentifs sur toute l’étendue du territoire », a-t-il prévenu, appelant à intensifier les interventions communautaires et les mesures d’hygiène.

Face à la diminution de l’allocation du huitième cycle, le ministre Jean Rosaire Ibara a rappelé à une discipline de gestion plus rationnelle, en orientant chaque ressource vers les interventions à fort impact. « Notre devoir est de veiller à ce que le coût de la santé ne soit jamais une barrière entre un citoyen et les soins », a-t-il martelé, réaffirmant l’objectif de couverture sanitaire universelle.

L’OMS, en sa qualité de partenaire technique et financier, par la voix de son représentant résidant, le Dr Vincent Dossou Sodjinou, a quant à elle rappelé les engagements internationaux du Congo, notamment la stratégie mondiale « Triple 95 » visant zéro nouvelle infection, zéro décès lié au VIH et zéro discrimination. Pour ce prochain cycle, il a posé trois impératifs majeurs inspirés de la déclaration d’Astana 2018, à savoir intégrer la lutte contre les trois maladies dans les mêmes plateformes de soins de santé primaires pour en finir avec les silos, protéger les communautés contre le coût des soins, et ne laisser personne de côté, en priorisant la population clé, rurale et enclavée.

Avec des ressources qui diminuent alors que les ambitions augmentent, l’OMS recommande de combler les écarts de dépistage, de renforcer la prévention à fort impact : moustiquaires, traitements préventifs, chimioprophylaxie saisonnière, et d’investir au moins 20 % des financements dans un système de santé résilient reposant sur des données de qualité en temps réel. « La prévention coûte dix fois moins cher que la prise en charge d’un cas grave », a regretté le représentant de l’OMS.

« Le Fonds mondial est un levier important pour les trois maladies prioritaires et, au-delà, pour le système de santé. Il n’est pas un substitut. Le succès du prochain cycle de financement sera garanti si nous choisissons la qualité sur la quantité, si les communautés sont au centre de la mise en œuvre, et si l’État augmente le financement domestique », a précisé le Dr Vincent Dossou Sodjinou.

 

Jean Pascal Mongo-Slyhm

Légendes et crédits photo : 

1-Photo de famille des officiels à l'ouverture des travaux /Adiac 2-Les participants /Adiac

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