Statistiques du travail: les pays de la Cémac renforcent leurs capacités en la matièreMercredi 19 Août 2026 - 21:09 Les travaux de l’atelier sur le renforcement des capacités des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) pour la production des statistiques du travail alignées aux derniers standards internationaux se sont ouverts, le 19 août à Pointe-Noire, sous les auspices de Nicolas Beyeme Nguema, commissaire de la Cémac en charge des politiques économiques monétaires et financières. Ceux-ci s’achèveront le 27 août prochain.
Il sera ainsi question de présenter et de discuter de l’état des lieux des systèmes nationaux de production des statistiques du travail dans les pays de la Cémac ; de renforcer la compréhension et l’application des normes internationales récentes relatives aux statistiques du travail, de l’emploi, du chômage, de la sous-utilisation de la main d’œuvre, de l’emploi informel et du secteur formel, et aux relations au travail, conformément aux résolutions des dernières Conférences internationales des statisticiens du travail ; de renforcer les capacités des participants en matière de conception et de mise en œuvre d’enquêtes sur la main d’œuvre, notamment à travers une initiation aux principes de la théorie de l’échantillonnage appliquée aux enquêtes emploi. L'atelier va aussi permettre de familiariser les participants avec le Model générique des processus de production statistique, en particulier pour la collecte, le traitement, la validation, la dérivation des indicateurs et l’assurance qualité des données des enquêtes sur la main d’œuvre ; d'examiner et de valider les orientations conceptuelles, méthodologiques et opérationnelles devant guider l’élaboration d’un dispositif harmonisé d’enquêtes sur la main d’œuvre dans les pays de la Cémac, en vue de l’élaboration d’un guide régional, et discuter de la planification des pays participants pour la mise en œuvre de cette enquête. Ouvrant les travaux, Nicolas Beyeme Nguema a rappelé que plus de 65% des emplois de la Cémac relèvent encore de l’économie informelle et le chômage sous-régional demeure élevé. Ainsi, une part importante des jeunes de cette sous-région est sans emploi, sans formation ou en dehors du système éducatif. « L’emploi des jeunes doit être placé au cœur de notre ambition communautaire, de la diversification de l’économie, de la libre circulation, du développement des compétences, de l’entrepreneuriat, de l’industrialisation, de la transformation numérique et de la valorisation des chaînes de valeur agricole, forestière, minière et de service », a-t-il signifié. Une statistique du travail fiable, a poursuivi Nicolas Beyeme Nguema, est un instrument de décision, de redevabilité et d’anticipation. Elle permet au secteur privé d’anticiper les besoins en compétence et aux partenaires sociaux de mieux appréhender le dialogue social. A la Cémac, cette statistique du travail fiable permet de mesurer les progrès accomplis vers une croissance plus inclusive. « Notre ambition communautaire doit donc être claire, disposer progressivement dans les six Etats membres d’informations régulières, comparables et récentes sur le marché du travail afin de permettre à nos décideurs d’agir sur la base des faits établis et non d’approximation. L’harmonisation que nous recherchons n’est pas une uniformisation administrative, elle est une approche de convergence, elle doit nous permettre de partager, de parler un langage commun, de suivre ensemble des transformations de nos marchés de travail et d’identifier les politiques qui produisent les meilleurs résultats pour nos populations », a-t-il déclaré. Des défis très importants dans la sous-région S’exprimant pour la circonstance, Nadia Touihri, statisticienne régionale pour l’Afrique au bureau international du travail, a rappelé que cet atelier intervient dans un contexte de renforcement de partenariat entre la Cémac et l’Organisation internationale du travail (OIT) autour d’une ambition commune, notamment celle de faire progresser le travail décent et la justice sociale dans la sous-région. «Dans les pays membres de la Cémac, les défis sont très importants et les situations restent très contrastées. Le taux de chômage varie de 1,1% au Tchad à près de 20% au Gabon, tandis que près de huit emplois sur dix sont en moyenne informels dans la sous-région. Cette informalité soulève des enjeux importants en matière de protection sociale, de conditions de travail, de sécurité au travail et de stabilité de revenu. Dans un espace d’intégration comme la Cémac, disposer des statistiques de travail fiables, harmonisés et comparables entre les Etats dépasse le seul enjeu statistique. Il s’agit également d’un enjeu d’intégration économique, de mobilité de la main d’œuvre, de planification et de la cohérence des politiques de l’emploi », a-t-elle fait savoir. Dans son mot de bienvenue, Steve Bertrand Mboko Ibara, directeur général de l’Institut national de la statistique de la République du Congo, a souligné que cette rencontre revêt une importance particulière pour les Etats membres de la Cémac, dans un contexte marqué par une forte expansion de la population en âge de travailler, une prépondérance de l’emploi informel, un sous-emploi persistant, et les difficultés d’insertion des jeunes. La disponibilité des statistiques fiables et régulières sur le travail est devenue une nécessité pour éclairer les politiques publiques et mieux accompagner les transformations des économies de ces pays. « L’ambition de cette rencontre est de conjuguer renforcement des capacités, harmonisation des approches de définition et d’orientations communes afin de préparer la mise en œuvre progressive d’enquête sur la main d'œuvre dans les Etats membres de la Cémac. Il importe surtout que ces travaux puissent déboucher sur des orientations méthodologiques partagées, une identification des besoins des Etats et une feuille de route permettant d’accompagner la modernisation de nos dispositions statistiques », a-t-il indiqué. Signalons que, la Cemac est composée de six pays de la sous-région africaine à savoir, la république du Congo, le Gabon, le Cameroun, la Guinée Equatoriale, la Centrafrique et le Tchad.
Séverin Ibara Légendes et crédits photo :La photo de famille à l'issue de l'ouverture de l'atelier / Adiac Notification:Non |


Prévu jusqu'au 27 août, l'atelier vise à mettre en place un cadre harmonisé de production des statistiques du travail au sein des pays membres de la Cémac. Il a pour objectif de renforcer les capacités des participants dans la production des statistiques du marché du travail, afin qu'ils mettent en œuvre leurs premières enquêtes sur la main d’œuvre, conformément aux normes et standards internationaux.








