Intervention du président Denis Sassou N’Guesso au Sommet international de l’espace à ParisSamedi 12 Septembre 2026 - 12:15
Je voudrais tout d'abord remercier le président Emmanuel Macron ainsi que les autorités françaises et allemandes pour l'organisation de ce sommet et pour l’invitation adressée à la République du Congo. Nous sommes réunis aujourd'hui autour d'un sujet qui peut sembler appartenir aux grandes puissances et aux technologies de demain : l'espace. Mais permettez-moi de vous partager une conviction simple et profonde. L'espace n'est plus un horizon lointain pour l'Afrique et le Congo mon pays. Il est devenu une plateforme essentielle de notre développement, de notre sécurité et de notre souveraineté. Pour l'Afrique et le Congo, la question n'est donc plus de savoir si nous devons investir dans l’espace. La véritable question est quelle vision voulons-nous porter pour faire de l'espace un instrument au service du développement de notre continent. La République du Congo est favorable au développement de l'économie spatiale, à la science, à l'innovation et aux progrès technologiques. Et nous y œuvrons, notamment au niveau de l'Union africaine où nous avons contribué à la création d'un cadre institutionnel, politique et stratégique commun à travers les décisions suivantes de notre Union. Premièrement, la décision fondatrice en 2016 par adoption de la politique et de la stratégie spatiale africaine par les chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine. Deuxièmement, la création de l'Agence spatiale africaine en 2018 par décision de l'Union africaine. Excellences, mesdames et messieurs, Il existe une parfaite cohérence entre les priorités de l'Union africaine et les intérêts de la République du Congo en matière spatiale. C'est pourquoi nous misons sur la coopération et l'intégration africaine en matière de politique spatiale, car nous devons dans ce secteur compétitif éviter de construire 54 politiques spatiales isolées, lorsque nous pouvons mutualiser certaines infrastructures, certaines données, certaines compétences et certains investissements. L'espace peut donc répondre à certaines grandes urgences et priorités africaines notamment celles de la sécurité alimentaire et de la protection de notre environnement. Excellences mesdames et messieurs, Cette vision prend pour le Congo une dimension particulière car elle concerne aussi le Bassin du Congo, l'un des grands régulateurs naturels du climat mondial. Les pays qui protègent ce territoire doivent pouvoir accéder aux données, disposer des capacités pour les traiter et former des scientifiques, ingénieurs et entrepreneurs capables de relever ces défis. C'est pourquoi la République de Congo propose, à partir de ce sommet de Paris, la création d'un partenariat spatial pour le Bassin du Congo. Ce partenariat, dans une dynamique de responsabilité partagée, aura pour ambition de mettre les données et la puissance des technologies spatiales au service de la préservation de l’un des grands patrimoines écologiques de l’humanité, le Bassin du Congo. Dans ce cadre, la République du Congo, fort de sa légitimité de président de la Commission Climat du Bassin du Congo, organe de l'Union africaine, est prête à accueillir à Brazzaville un observatoire spatial du Bassin du Congo à vocation régionale et en liaison étroite avec l'Agence spatiale africaine. L'Afrique ne demande pas seulement à recevoir, elle veut aussi contribuer, produire, innover et partager. Notre deuxième proposition concerne l’apport important de l'espace à la problématique de paix et de sécurité dans le monde. Les technologies spatiales peuvent améliorer la connaissance des territoires, faciliter la prévention des incidents, des conflits et contribuer à une meilleure gestion des frontières. Le Congo qui partage plus de 5 500 km de frontières avec ses voisins est particulièrement attentif à cet enjeu. Nous appelons donc à faire de l'outil spatial un instrument de prévention et de règlement pacifique des différends, dans le plein respect du droit international de la souveraineté et de l’intégrité territoriale et des États. Excellences, mesdames et messieurs, Une Afrique qui dépend entièrement des autres pour observer son territoire, communiquer, gérer ses données, ou anticiper ses crises reste une Afrique vulnérable. Nous devons progressivement construire nos propres capacités d’où notre ambition pour une souveraineté technologique. C'est là tout le sens de la coopération ambitieuse et futuriste que mon pays la République du Congo a initié avec la République du Kazakhstan dans le domaine spatial. Excellences, mesdames et messieurs, Notre vision doit être ambitieuse. Nous devons nous projeter dans une Afrique reconnue comme actrice de l’économie spatiale mondiale. A nos dirigeants d’y veiller avec force et conviction. L’avenir de l’Afrique ne se construit pas seulement sur terre, il se construit aussi depuis l’espace.
Les Dépêches de Brazzaville Légendes et crédits photo :Le président Denis Sassou N'Guesso délivrant son message Notification:Non |


Excellences, mesdames et messieurs les chefs d'État et de gouvernement, distingués invités, mesdames, messieurs,








