Livre Blanc et adressage postal : l’ARPCE pose les fondations de l’État numérique

Samedi 17 Octobre 2026 - 17:15

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Présentés jeudi 15 octobre à Brazzaville, la deuxième édition du Livre Blanc de l'Agence de régulation des postes et des communications électroniques (ARPCE) et le projet d'adressage postal numérique ont porté un même message. Devant le ministre des Postes, des Télécommunications et de l'Économie numérique, Frédéric Nzé, il s'est agi de bâtir un État numérique cohérent, fondé sur des réseaux fiables et une adresse pour chaque citoyen.

Un réseau qui relie, une adresse qui situe. En deux images, la cérémonie organisée jeudi 15 octobre par l'ARPCE a rappelé ce qu'exige un numérique profitable à tous. En présence notamment de la présidente du Conseil économique, social et environnemental et des présidents du Conseil supérieur de la liberté de communication, de la Chambre de commerce de Brazzaville et du Conseil de régulation de l'ARPCE, elle a réuni autour du ministre autorités, opérateurs et partenaires du secteur.

« Si nous sommes réunis ce matin, c'est autour d'une conviction simple : aucun Congolais ne doit rester à l'écart des services », a affirmé le directeur général de l'ARPCE, Louis-Marc Sakala, précisant que l'adressage permet d'identifier avec précision les personnes, les foyers, les entreprises, les lieux et les territoires. « La connectivité donne accès à l'information, aux services publics, à l'école, à l'hôpital et au marché. L'adressage, lui, donne une destination concrète à ces services et permet de joindre chaque citoyen là où il vit, là où il travaille, là où il entreprend», a-t-il ajouté. Il a aussi rappelé que le pays ne part pas de zéro, avec une téléphonie mobile à 94,1 % de pénétration et près de quatre cent mille Congolais sortis de l'isolement numérique grâce au Fonds pour l'accès et le service universels des communications électroniques.

Le ministre a, pour sa part, inscrit les deux chantiers dans la feuille de route du gouvernement. Le numérique doit aider à rendre les services publics plus accessibles et plus transparents, à renforcer les recettes de l'État et le contrôle de ses dépenses, à « construire les fondations numériques de l'État, consolider notre souveraineté et développer une économie numérique » créatrice d'emplois pour les jeunes. Il a demandé que l'adressage et les recommandations du Livre Blanc « contribuent à une transformation nationale cohérente plutôt qu'à la juxtaposition d'initiatives », et annoncé que les conclusions du document seront intégrées aux travaux de la task force interministérielle dédiée à la digitalisation de l'administration. La réussite se mesurera non pas « au nombre de rapports ni de conférences », mais à des indicateurs portant sur l'inclusion financière, les coûts des services, la croissance, l'accès des citoyens aux services publics, ainsi que les recettes et le contrôle des dépenses de l'État.

L'adresse, une infrastructure de référence

Le directeur de la Régulation postale, Arnault Dicka, a restitué le projet d'adressage postal numérique, mené avec les mairies et les administrations partenaires. Lancé en avril 2022 dans le sillage de la recommandation de l'Union postale universelle, « un citoyen, une adresse », il dispose depuis juillet 2025 d'un cadre juridique, le décret sur la codification postale nationale. Pour le ministre, une adresse fiable permet aux services postaux de mieux desservir les populations, aux entreprises de livrer leurs clients et aux administrations de mieux planifier leurs interventions. Il faut donc envisager l'adressage numérique, a-t-il dit, « pas comme une base de données isolée, mais comme une infrastructure publique de référence », sécurisée et interopérable avec l'identité numérique, la plateforme d'échange de données et le système de paiement.

Le Livre Blanc, un diagnostic et des pistes

Édité en 2025, le Livre Blanc compte plus de cent vingt pages réparties en dix parties principales. Sa deuxième édition examine le lien entre la qualité des réseaux, la circulation des données et la capacité du pays à créer de la valeur, et formule cinq orientations stratégiques, de la gouvernance du numérique à l'anticipation des mutations technologiques, en passant par les infrastructures, la souveraineté des données, l'inclusion et la formation. Il ne cache pas les retards. L'énergie, dont dépend la continuité des réseaux, y apparaît comme un point de fragilité, et l'inclusion financière comme un chantier, puisqu'un peu moins d'une Congolaise sur trois dispose d'un compte de monnaie électronique, contre plus de quatre Congolais sur dix.

Le directeur des Projets et de la Prospective, Rudy Massamba, a insisté sur la condition de départ. « S’il n'y a pas de réseau, vous n’aurez pas d'économie numérique », a-t-il rappelé, avant d'ajouter qu'il faudra aussi des équipements dans les administrations et la formation des acteurs de la transformation. Il a plaidé pour des « points d'entrée » comme les mairies, où l'interconnexion avec les hôpitaux permettrait d'établir presque automatiquement les actes de naissance, puis pour un numéro d'identification unique, relié notamment à la Caisse d'assurance maladie universelle. Le chantier est vaste, il le reconnaît : « C'est assez complexe, mais on se donnera, je pense, les moyens d'y parvenir.»

Quentin Loubou

Légendes et crédits photo : 

1- Panel réunissant le DG de l'ARPCE, le ministre Frédéric Nzé et les conseillers du président de la République et du Premier ministre chargé des questions du numérique 2-Photo de famille

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