Santé : l’ACDS sensibilise aux dangers des avortements clandestins

Lundi 19 Octobre 2026 - 21:33

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Les avortements à risque prennent des proportions inquiétantes en République du Congo. Pour prévenir ce fléau, l’Association congolaise pour les droits et la santé (Acds) a animé, le week-end dernier à Brazzaville, une causerie-débat pour sensibiliser les jeunes filles aux dangers y relatifs.

Une centaine de filles, en majorité des étudiantes, et quelques garçons ont pris part à cette sensibilisation. Trois thématiques ont été développées à cet effet, pour mieux édifier les participantes sur la pratique des avortements clandestins et à risque.    

Dans le premier exposé, développé par Candide Senso, chargée des programmes de l’ACDS, il a été relevé que la problématique des avortements commence par la non-utilisation, par des jeunes filles, des mesures de planification familiale et de contraception.

Malgré la disponibilité des méthodes contraceptives, ainsi que l’existence des structures sanitaires à Brazzaville, a-t-elle souligné, les jeunes rencontrent plusieurs obstacles à leur utilisation. Réalisée auprès d’un échantillon de 238 personnes à Brazzaville, l’enquête révèle que les filles ne recourent pas à certaines mesures contraceptives telles que les pilules et les implants à cause de divers facteurs.

Elles craignent notamment des effets secondaires, la désinformation, les pressions familiales ou conjugales, les contraintes économiques, le manque de confidentialité dans les services sanitaires ou à cause des motifs religieux ou culturels.

Conséquence, nombreuses d’entre elles contractent des grossesses indésirées à tout bout de champ. Et, lorsqu’elles tombent en enceinte dans ces conditions, elles sont tentées de les avorter par des moyens inappropriés, au risque et péril de leur vie.  

Ce qui fait que de nos jours, les avortements clandestins prennent de l’ampleur dans le pays.

Loi sur la santé reproductive : une avancée ou un recul ?

Exposant sur le texte de loi sur la santé sexuelle et reproductive adopté récemment au parlement, le docteur Mikael Djembo, point focal du Centre ODAS au Congo, s’est interrogé sur l’avenir des droits en santé sexuelle et reproductive dans le pays.

« Pendant plusieurs décennies, le cadre normatif régissant la santé reproductive dans notre pays est resté figé, dominé par des dispositions répressives d’un autre âge, héritées de la période coloniale. Cette rigidité juridique a entretenu un drame silencieux mais meurtrier : la prolifération des avortements clandestins et l’accès limité des jeunes à une contraception sécurisée », a-t-il indiqué.

En approuvant ce texte de loi, le Congo marque un point décisif dans la promotion des droits humains, alors qu’il en a ratifié autant dans le domaine au niveau continental et international. Parmi ces textes, il a cité entre autres, le protocole de Maputo

L’article 14 de ce protocole, a précisé l’orateur, énonce l’obligation pour les États membres d’assurer le respect et la promotion du droit des femmes de contrôler leur fécondité et d’exercer un libre choix en matière de procréation.

« L’adoption successive de cette proposition de loi par l’Assemblée nationale le 12 août 2025, puis par le Sénat le 12 août 2026, marque une victoire législative et historique indiscutable. C’est un acte de courage politique, de responsabilité sanitaire et de fidélité à nos engagements internationaux », a conclu le Dr Mkhaël Djembo.

 

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Firmin Oyé

Légendes et crédits photo : 

1-Le Dr Mikhael Djembo développant son exposé/Adiac 2-Les jeunes filles assistant attentivement l'exposé/Adiac

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