Session budgétaire du Sénat : Pierre Ngolo évoque les attentes du gouvernement et de la population

Lundi 19 Octobre 2026 - 22:31

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Le président du Sénat, Pierre Ngolo, a rappelé le 15 octobre à Brazzaville, à l’ouverture de la 10e session ordinaire budgétaire, que le gouvernement attendait l’adoption et la mise à sa disposition d’une loi de finances qui lui offrira les moyens de l'action publique.

Le président de la chambre haute du Parlement a, en effet rappelé, d’entrée de jeu, que l'environnement dans lequel se déroulait la dernière session ordinaire de l’année 2026 est de nature à complexifier l'équation que les sénateurs ont à résoudre. Selon lui, la cité fixe furieusement les parlementaires avec la pression des citoyens qui caressent de grands rêves soucieux de sortir de la détresse actuelle. « Il nous revient dans ces conditions de nous employer à notre tâche, convaincus de ce que l'examen du budget de l'État constitue toujours un moment majeur de la vie de la Nation. La quotidienneté nous invite à regarder avec lucidité et courage non seulement ce que nous savons, mais surtout ce que nous voulons devenir une République plus efficace, plus efficiente et plus responsable. Le budget est ainsi le miroir des choix collectifs, il révèle les priorités que nous donnons, les urgences auxquelles nous entendons répondre et les ambitions que nous sommes prêts à traduire en actes », a rappelé Pierre Ngolo.

Il a également rappelé la responsabilité des sénateurs consistant à transformer les ambitions en décisions, les décisions en moyens et les moyens en réalisations concrètes. C’est ainsi que le président du Sénat a invité les élus de la chambre haute du parlement à se mettre à l'œuvre en intériorisant bien l'idée selon laquelle le budget ne saurait être réduit à un simple exercice comptable. « Avant de voter les chiffres, il faut en comprendre le sens. Avant d'arrêter les crédits, il nous faut débattre les choix qui les sous-tendent. C'est alors tout le sens du débat d'orientation budgétaire, qui est à la loi de finances, ce que la boussole est au voyageur. Il n'accomplit pas le chemin, mais il en indique la direction », a-t-il poursuivi.

Pierre Ngolo s’est aussi interrogé sur le traitement que le gouvernement a réservé à la direction issue du débat d'orientation budgétaire du 6 août 2026. D’après lui, l'exploitation du cadre budgétaire à moyen terme 2027-2029, a permis de noter que, outre les objectifs d'accélérer le rythme du désendettement et de renforcer la croissance économique, vise à garantir la soutenabilité financière de l'État, réduire la dépendance aux ressources pétrolières, améliorer la sincérité budgétaire et faire du budget programme, un véritable outil de gestion publique.

« Dans cette optique, une série de mesures ont été envisagées, tant fiscales que non fiscales, contribuant à la progression des recettes, notamment la réduction des exonérations, l'amélioration de la gestion des impôts et le renfoncement du contrôle fiscal, l'application de l'approche fondée sur l'analyse des risques pour effectuer des contrôles fiscaux et douaniers, sans oublier les mesures à mettre en œuvre pour les recettes non fiscales », a-t-il rappelé, précisant que dix-sept recommandations avaient été sanctionnées le débat d'orientation budgétaire.

Pierre Ngolo est ensuite revenu sur les observations du Fonds monétaire international (FMI) qui relevait, dans son communiqué de presse de mars 2026, que la croissance congolaise demeurait freinée par la faiblesse de l'investissement public, les perturbations énergétiques et la faiblesse de l'activité hors hydrocarbure. Il soulignait également, a-t-il expliqué, que les perspectives de moyen terme dépendaient d'une amélioration du climat des affaires, d'une plus grande diversification de l'économie et de la mise en œuvre des réformes structurelles pour soutenir l'investissement privé et la productivité. Une dynamique pouvant ouvrir les portes à l'agriculture, la pêche, l’élevage, la forêt, le tourisme, l'industrie manufacturière, la transformation locale des produits agricoles, les infrastructures et le numérique.

« C'est exactement ici que la session budgétaire revêt toute sa portée en se donnant pour règle : le budget n'est pas seulement un tableau de recettes et de dépenses, c'est l'instrument de transformation économique du pays. L'approche commence par la véritable question budgétaire : comment passer de la dépense publique à l'investissement transformateur ? Prenons toutes nos responsabilités en apportant la réponse qui convient à cette interrogation. La valeur d'un budget ne se mesure pas à la quantité d'argent dépensée, mais à l'impact réel et aux transformations structurelles qu'il génère dans la société », a conclu le président du Sénat.

 

 

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

Pierre Ngoloà l'ouverture de la session/DR

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