Réunion tripartite Congo-RDC-HCR : la situation des réfugiés examinée à BrazzavilleMercredi 21 Octobre 2026 - 14:12 La ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, Lydie Pongault, a lancé le 20 octobre à Brazzaville les travaux de la sixième réunion tripartite regroupant la République du Congo, la République démocratique du Congo (RDC) et le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés(HCR). Cette rencontre permettra, entre autres, de déterminer les modalités d’un retour volontaire des réfugiés de la RDC, dans le respect des conditions de sécurité, de protection et de réintégration dans les zones concernées.
Reconnaissant que les défis humanitaires demeurent importants, la ministre a relevé que les perspectives de stabilisation observées dans certaines zones de retour invitent à poursuivre le dialogue, à renforcer la coordination entre les populations et à explorer toutes les possibilités susceptibles de favoriser des solutions pérennes. « Notre responsabilité commune est de transformer les engagements pris en mesures concrètes au bénéfice des réfugiés comme des communautés qui les accueillent », a-t-elle indiqué. Elle a réaffirmé le soutien constant du gouvernement de la République du Congo à poursuivre la coopération avec celui de la RDC et le HCR, dans le respect du droit international des réfugiés et des principes humanitaires. « La protection de la dignité humaine est une responsabilité collective qui transcende les réfugiés », a souligné la ministre Lydie Pongault. S'exprimant au nom de la RDC, la ministre d'État en charge des Affaires sociales, de l’Actions humanitaires et de la Solidarité nationale, Eve Bazaiba Masudi, a exprimé la gratitude de son gouvernement pour l'accueil réservé à sa délégation et aux compatriotes réfugiés. Elle a rappelé que la présente réunion s'inscrit dans la continuité des travaux de 2019 et des recommandations de la onzième session de la Commission spéciale de défense et de sécurité tenue à Oyo, dans le département de la Cuvette, le 31 juillet 2025. Elle a jugé essentiel d'examiner l'élargissement des champs d'application des accords de 2010 afin de permettre aux réfugiés ayant fui les violences de bénéficier d'un cadre approprié pour leur retour volontaire. Dans son discours, la ministre de la RDC a fait état des efforts de stabilisation des zones de retour, malgré la persistance de foyers d'insécurité dans certaines localités du Nord-Kivu, annonçant la tenue prochaine d'un forum de paix et de réconciliation dans son pays. « Le retour doit être volontaire, sûr et digne, et s'accompagner de mesures concrètes pour la réintégration des rapatriés, avec une attention particulière aux personnes les plus vulnérables », a-t-elle souhaité. Le HCR, troisième partie dans ce pourparlers, par la voix de son représentant, Maurice Azomankpo, a salué l'esprit de solidarité et d'hospitalité du Congo à l'égard de ces réfugiés. Il a rappelé que l'accord tripartite signé à Kinshasa le 10 juin 2010, ainsi que ses modalités pratiques adoptées en janvier 2019, continuent de constituer un cadre essentiel pour le retour sûr et digne des réfugiés. Il a insisté sur le fait que les réfugiés et rapatriés sont aussi des acteurs du développement et a réaffirmé la pleine disponibilité du HCR à accompagner les gouvernements. Jean Pascal Mongo-Slyhm Légendes et crédits photo :La photo de famille à l'ouverture des travaux /Adiac Notification:Non |


À l'ouverture des travaux, la ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire a tenu à fixer l'objectif de la rencontre qui est celui d’évaluer la mise en œuvre des recommandations de la cinquième réunion tripartite organisée en 2019 en RDC, d' apprécier les progrès accomplis et d’engager les actions nécessaires pour un retour volontaire et digne. Les réfugiés concernés proviennent principalement de deux zones de la RDC. La première est le territoire de Kwamouth, dans la province du Mai-Ndombe, à l’Ouest, d'où environ 5 800 personnes ont fui vers le district de Ngabé, dans le département du Djoué-Léfini en raison des violences intercommunautaires de 2022. La seconde est la province du Nord-Kivu, à l'Est, où les affrontements armés ont contraint environ 8 000 personnes à se réfugier au Congo, rien qu'en 2025. En outre, dès fin 2018, des violences intercommunautaires dans la région de Yumbi avaient aussi poussé environ 16 000 personnes à fuir vers le Congo.








