Chronique : les pollueurs doivent faire face à leur responsabilité

Jeudi 28 Mai 2020 - 19:14

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Depuis l’apparition du coronavirus en ce début d’année 2020, nos vies ont été bouleversées. Tout ce qui était considéré comme normal a changé. Les relations interpersonnelles ont été reconfigurées.

Notre monde s’est rétréci, car nous avons cessé de voyager et nous sommes restés confinés pendant des semaines. Si la crise économique semble être la prochaine étape de ce bouleversement planétaire que nous vivons, la crise environnementale qui se dessine tout autant pourrait accélérer les changements stratégiques dans nos vies sociales et nous rendre ainsi plus vulnérables aux différentes catastrophes et phénomènes naturels qui ont tendance à se multiplier depuis quelques années.

Tout le monde est d’accord pour dire que parmi les quelques points positifs de la crise sanitaire du coronavirus, il y a son impact sur l’environnement qui fait l’unanimité. En effet, pour la première fois depuis des décennies, le réchauffement climatique va baisser cette année. Non pas du fait que les pays pollueurs aient décidé de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, mais par le fait qu’un évènement dont nous n’avons pas le contrôle nous a imposé. Mais au moment où la planète entière commence à se déconfiner pour reprendre la vie comme avant, la crainte de l’après coronavirus est de voir  certains gouvernements tentés de relancer leurs économies et leurs activités comme auparavant, voire en tendant une bouée de sauvetage à l’industrie fossile.

Pour preuve, le Canada a déjà annoncé un plan de relance de son industrie pétrolière et gazière. La Chine envisage déjà la construction de centaines de nouvelles centrales à charbon pour relancer la machine industrielle. La crise sanitaire du coronavirus ne doit pas servir d’excuse aux pays pollueurs qui voudraient tourner le dos aux accords internationaux sur l’écologie et aux mesures qu’ils auraient déjà engagées au nom de la relance économique.

Au contraire, cette crise sanitaire doit être l’occasion de tirer certaines leçons essentielles, avec la nécessité de réinvestir dans les services publics, de relocaliser certaines chaînes de production, de revenir à l’essentiel et, en particulier, de retrouver le sens du commun.  Cette pause soudaine que nous a imposée la nature doit servir de base afin de ne pas reprendre à l’identique tout ce que nous faisions avant. Car si nous ne respectons pas les engagements environnementaux pris avant, la vraie crise à redouter sera écologique.

Il faut tenir en compte que cette crise est aussi l’occasion de réinventer les négociations climat et biodiversité, qui sont aujourd’hui à bout de souffle. Congrès mondial de la nature, sommet biodiversité de New York, COP15 sur la diversité biologique, COP26 sur le climat : tous ces grands événements environnementaux de 2020 qui ont été reportés à l’année prochaine en raison de la crise du coronavirus doivent être une opportunité que doivent saisir les pays pollueurs pour prendre leur responsabilité et accélérer le processus de la transition écologique pour qu’on lègue aux générations futures une planète sur laquelle il fait bon vivre.

Boris Kharl Ebaka

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