Dérèglement climatique : 2050, la fin du monde (fin)

Lundi 1 Juillet 2019 - 15:53

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Outre la production d'énergie et l'industrie, les politiques d'aménagement du territoire sont à revoir, les modèles agricoles à réformer, des moyens de transports moins polluants à développer puis construire des bâtiments moins énergivores…

Les écosystèmes sont aussi à préserver, les sols à reboiser et à restaurer pour que le carbone y reste stocké, mais aussi développer des technologies de capture et de stockage du carbone dans l'air, comme le font naturellement les arbres. La facture de tels bouleversements est vertigineuse. Le Giec évalue les investissements nécessaires dans le système énergétique à deux mille quatre cents milliards de dollars par an entre 2016 et 2035. Cela revient à consacrer environ 2,5% du produit intérieur brut mondial à la lutte contre le réchauffement climatique.

 "Ce n'est pas un problème insoluble, il faut une vraie solidarité, une vraie politique internationale. Il faut que l'ONU ait plus d'importance", assure Frédéric Parrenin. Pour autant, "le progrès technologique ne résoudra pas tout", prévient-il. 

"Pour réduire les gaz à effet de serre, il ne faut pas attendre que les gouvernements agissent, ils ne peuvent pas tout faire, poursuit Henri Waisman. "Les villes, les régions, le secteur privé, les citoyens, tous ont un rôle fondamental", estime-t-il.

 Pour le climatologue Gilles Ramstein, la "posture catastrophiste" de l'étude australienne a une vertu : "Elle permet de lancer une alerte encore plus forteSi on ne fait rien, les réactions vont être de plus en plus émotionnelles et les choix qui seront faits ne seront pas forcément les bons", fait valoir l'expert. Plus tôt on commencera à changer de cap, mieux ce sera. Mais malheureusement, pour l'heure, rien ne bouge. "La prise en compte du risque maximum, c'est une approche intéressante, juge  Benjamin Sultan. Si on se montre trop conservateur ou réservé dans nos prévisions, en écartant les fourchettes les plus hautes, on risque de ne pas être préparé."Mais c'est à double tranchant ", avertit la climatologue Françoise Vimeux. 

"C'est important de transmettre nos connaissances pour sensibiliser les citoyens, éveiller les consciences, éclairer la prise de décision, mais ce n'est pas utile d'être aussi alarmiste ", conseille-t-elle, ajoutant que cela peut créer un sentiment de fatalité. Les gens vont se dire : "Cela ne sert à rien, c'est la fin, c'est trop tard. Mais ce n'est pas vrai. Il n'est pas trop tard, affirme Françoise Vimeux. A l'inverse, "exposer les différents scénarios, c'est aussi donner la possibilité de débattre de ce qui est acceptable ou non socialement", argumente la chercheuse. Accepte-t-on que la Grande Barrière de corail soit détruite ? Accepte-t-on qu'il y ait des millions de déplacés? Ce sont des questions sociétales ", se convainc-t-elle.

"On peut éviter ce pire scénario. Toutes les décisions qu'on va prendre ou pas dans les dix ans vont avoir des conséquences. Les dix prochaines années, c'est l'échéance si on veut empêcher un réchauffement supérieur à 1,5 ou 2 °C ", note Benjamin Sultan, poursuivant: "Il faut changer complètement, il faut des transitions radicales sur notre façon de consommer, de produire, dans tous les secteurs et partout dans le monde."

"Si on écoute les discours alarmistes, il y a le risque de dire que c'est foutu. Ça ne l'est pas. La jeunesse défile dans le monde entier. Ces discussions, on ne les avait pas il y a cinq ou dix ans", renchérit Henri Waisman. Le coauteur du rapport du Giec l'assure : "C'est loin d'être perdu. Au-delà de la crainte de l'échec, il est possible d'y arriver, et c'est même souhaitable."

Nota Bene : cet article est extrait de franceinfo.fr

Noël Ndong

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