Forum Crans Montana : la culture et l’éducation contre le terrorisme

Samedi 18 Octobre 2014 - 13:45

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Du 16 au 17 octobre s’est tenu à Genève le Homeland and Global Security Forum du Crans Montana. Pendant deux jours chefs d’Etats, diplomates, experts et personnalités de la société civile ont échangé sur les questions de sécurité, réservant une large part de leurs échanges à la situation du Sahel.

Face au défi de la globalisation du terrorisme et à la conjonction des menaces dans la bande sahélienne, les participants au Forum se sont accordés sur une approche globale mêlant hard et soft security.

En effet, l’accès des classes moyennes à la croissance et au progrès économique, la réduction de la pauvreté, la bonne gouvernance, l’éducation  sont apparues aux yeux de tous comme des solutions aussi importantes que la réponse sécuritaire pour donner un avenir à la jeunesse et proposer des alternatives à ce qu’offrent les djihadistes.

Selon les analyses des pannelistes, les gouvernements sahéliens sont confrontés à la fragilité des Etats et aux problèmes  de stabilité des institutions, au défi de la construction de la Nation, à l’immensité des étendues et au nomadisme, aux  frustrations nées de la crise du politique. Le tout  doublé par une vulnérabilité structurelle au niveau social : l’insécurité alimentaire est encore prévalante dans cette zone du monde, 60% de la population a moins de 20 ans et le taux de pauvreté est de 50% en moyenne.  Les taux de croissance sont de 5,5 % en moyenne mais, il faudrait qu’ils atteignent 7% pour atteindre les Objectifs du millénaire de développement (OMD).

Les Etats de la zone sahélienne concentrent une conjonction de menaces : 40.000 tonnes de cocaïne par an transitent par le Sahel qui, est également une zone de  trafic humain, d’armes ou de déchets toxiques.

Les Etats ne peuvent plus adresser seul ces défis en face d’acteurs non étatiques parfois plus puissants qu’eux et utilisant à plein les nouvelles technologies. En outre, ont observé certains débatteurs le système multilatéral hypertrophié et manquant de réactivité semble obsolète. Ainsi  pointait un intervenant à titre d'exemple dans la répartition de son budget la  FAO finance à hauteur de 80 % de son budget ses fonctionnaires et seulement 20% la lutte contre la faim.

Les Etats ont également des difficultés de  réponse face à la crise d’Ebola, qui se décline en crise sécuritaire, lorsque l’on sait que seuls 2% du budget de l’Etat va à la santé en Guinée par exemple.

Les acteurs du Forum Crans Montana se sont accordés sur trois possibilités de réponse à la crise sahélienne : l’approche régionale, le dialogue politique à l’intérieur de chaque Etat,  et l’aspect préventif en s’adressant aux causes profondes de l’insécurité.

Créé en 1986, le Forum Crans Montana réunit chaque année des personnalités du monde politique, diplomatique et économique.

 

Rose-Marie Bouboutou