Interview. Jean-Pascal Koumba : « L’avenir du département de la Likouala est prometteur avec le corridor de l’Afrique centrale »

Samedi 17 Octobre 2020 - 14:36

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Le secrétaire général du département  de la Likouala, Jean-Pascal Koumba, a répondu aux questions des Dépêches de Brazzaville sur la vue panoramique de ce département et sur les présentes inondations qui le frappent sans oublier d’autres questions d’actualité nationale et internationale.

Les Dépêches de Brazzaville : M. le secrétaire générale (SG), pouvez-vous nous donner une vue panoramique du département de la Likouala ?

Pascal Koumba : Située à l’extrémité nord du Congo, la Likouala est le plus vaste département du pays avec une superficie de 66 044 km2 et une population, d’après le recensement général de la population et de l’habitat de 2007, de 154 115 habitants avec une densité de 2,03h/km2. Le département compte sept districts avec la commune d’Impfondo comme chef-lieu. Il y a quatre communes urbaines, deux  conseils, à savoir le conseil municipal de la commune d’Impfondo et le conseil départemental de la Likouala. Département au sous-sol riche, il regorge d'une richesse forestière et halieutique très variée

LDB : Quelles sont les missions du SG du département ?

JPK : Ces missions sont fixées par l’arrêté N° 9565 du 15 octobre 2018, portant attribution et organisation des secrétariats généraux des départements et des districts. En fait, le Secrétariat général d’un département est un organe technique qui assiste le préfet du département dans l’exercice de ses fonctions. Placé sous l’autorité directe du préfet à qui il rend compte et devant lequel il est responsable, le SG joue le rôle de conseiller administratif et juridique auprès du préfet. Il le supplée de plein droit en cas d’absence ou d’empêchement. Il exerce l’autorité hiérarchique sur les chefs des services déconcentrés et agents de l’Etat. Bref,  en tant qu'organe technique, le Secrétariat général est appelé à accomplir de nombreuses tâches sous la supervision du préfet       

LDB : Quelles sont les difficultés rencontrées dans l’exercice de vos fonctions et celles de la population ?

JPK : Le casse-tête du département est bien son enclavement, puisqu’il se situe au cœur de la forêt équatoriale. Il y a le manque d’électricité permanente, de moyens roulants et nautiques pour se rendre constamment dans d’autres sous-préfectures situées au bord de la Likouala aux herbes et l’Oubangui. L’éloignement de certains districts cause le retard des rapports, le manque d’eau potable qui est souvent à l’origine de nombreuses maladies hydriques et infectieuses, le coût élevé et la rareté des moyens de transport pénalisent la population dans sa mobilité

LDB : Un mot sur les inondations qui frappent présentement le département

JPK : Le pire est à craindre, car la saison des pluies ne fait que commencer et on enregistre déjà des sinistrés dans certaines localités d’Epéna, Bouanéla et Bétou qui ont présentement des villages sous les eaux. Le plus souvent ces catastrophes naturelles s’accompagnent d’autres calamités sanitaires

LDB : Comment se gère la pandémie de covid-19 dans votre département ?

JPK : Les ripostes préfectorales sont des émanations de la riposte nationale qui donne toutes les directives à suivre sans complaisance. Ainsi, nous veillons sans cesse à l’application de ces mesures barrières puisque la maladie est encore là. A propos du virus Ebola, malgré la proximité de notre département avec la RD Congo où cette maladie persiste, la Likouala ne compte aucun cas.

LDB : Votre commentaire sur le retour à l’école des enfants dans le département

JPK : Le retour à l’école a été un grand succès. Lors de notre ronde effectuée dans les différents établissements scolaires, nous avons pu constater que les élèves se sont présentés massivement y compris les enseignants titulaires. Quelques cas d’absence des volontaires, décisionnaires et prestataires ont été constatés. Nous lançons un appel à tous nos amis prestataires et décisionnaires de reprendre avec leurs activités pédagogiques, car ce métier d’éducation est le barycentre de l’avenir du pays

LDB : Quelles sont les perspectives d'avenir pour votre département ?

JPK : Dans un proche avenir, la Likouala sortira de son enclavement, car la route de la Cémac qui est le corridor de l’Afrique centrale sera bitumée et profitera aux bretelles d’Enyellé et de Dongou. La route Impfondo-Epena sera réhabilitée. Le département sera relié au barrage de Liouesso. Ce sera l’affirmation du désenclavement de l’arrière-pays en énergie, projet phare du président de la République. Avec un sous-sol riche, aux forêts et eaux regorgeant de nombreux atouts économiques, la Likouala deviendra très bientôt l’Eldorado du Congo.

LDB : Votre mot de fin

JPK : Le département de la Likouala s’oriente vers son décollage économique. La route de la Cémac favorisera les échanges commerciaux entre les populations de l’Afrique centrale. On pourra s’attendre à des investissements divers des opérateurs économiques dans le département. D’où la nécessité, comme l’a toujours dit le chef de l’Etat, de la conservation du climat de paix et de cohésion sociale.

          

Propos recueillis par Faustin Akono

Légendes et crédits photo : 

Jean-Pascal Koumba, secrétaire général du département de la Likouala

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