Médias : JED dénonce la révocation de trois journalistes de la RTNC

Mardi 18 Septembre 2018 - 19:40

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L’ONG redoute que les actions contre les professionnels des médias ne soient qu’un avant-goût à la confiscation et au renforcement de la censure sur les médias publics, alors que l’on s’approche de la période de la campagne électorale.

 

Dans son alerte du17 septembre, l’association de promotion et de défense de la liberté de la presse et des professionnels des médias, Journaliste en danger (JED), a regretté que trois journalistes de la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC) aient été révoqués pour avoir filmé et tenté de diffuser sur cette chaîne publique un élément jugé hostile au pouvoir du président Joseph Kabila.

Dans un communiqué y relatif, JED a motivé son action par deux correspondances qui lui sont parvenues, destinées aux « victimes ». Dans les correspondances du directeur général (DG) de la RTNC du 22 août et 3 septembre adressées à ses agents, ce dernier dit avoir résilié, sans préavis, le contrat de travail de Syande Emaka (cameraman), Marie Lelo (journaliste) et Benjamin Okakesema (monteur). Le DG leur reprocherait, dans ces lettres, d’avoir proposé au journal télévisé de 20h du 22 août 2018, « des images appelant à la rébellion, en déjouant la vigilance de toute la chaîne de responsabilité ».

JED, se référant à la version d’un des journalistes incriminés (Syande Emaka), note que ces derniers affirment ignorer tout de cette manifestation et admettent qu’ils ont été, par contre, contactés pour couvrir une activité dans l’enceinte de l’Université pédagogique nationale. Et qu’arrivés sur le lieu du reportage, ils seront conduits au siège du Front de libération nationale du Congo (FLNC), la formation politique d’Elie Kapend, situé dans la périphérie de Kinshasa.

À en croire JED, qui cite les témoignages de ces professionnels victimes, au regard du discours du président de cette formation politique qui ne cadrait pas avec la ligne éditoriale de leur chaîne, ces derniers ont décidé de soumettre préalablement le fruit de leur reportage à la direction de la chaîne qui, du reste l’a censuré.

Face aux faits tels que présentés, JED s’insurge contre ces révocations des journalistes que l’ONG qualifie « d’abusives ». L’organisation fait, par ailleurs, constater que les personnes victimisées n’ont diffusé aucun élément lié à ce reportage alors que plusieurs autres journalistes et médias de Kinshasa n’ont pas seulement couvert mais ont également relayé la manifestation du FLNC. JED craint ici que « ces révocations des journalistes ne soient qu’un avant-goût à la confiscation et au renforcement de la censure sur les médias publics, alors que l’on s’approche de la période de la campagne électorale ».

Rappelons qu' Eli Kapend et son parti politique avaient, l’année dernière, organisé à Mont Ngafula des assises « nationales » qui avaient pour objectif de parachever les travaux de la Conférence nationale souveraine. Au terme de ceux-ci, il avait été décidé d’instaurer une transition au pays, en  vue de permettre d’organiser des élections crédibles. Et, le président du FLNC était choisi pour conduire cette période. Au mois d’août dernier, il lançait un ultimatum de cinq jours au président Joseph Kabila pour quitter le pouvoir et laisser, du coup, place à cette période de transition politique.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Photo: le logo du JED

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