Paix et sécurité : le forum de Tunis va baliser la voie du processus démocratique en Libye

Samedi 17 Octobre 2020 - 13:45

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Les Nations unies, les dirigeants d’Afrique et d’ailleurs, ainsi que les institutions internationales ne sont pas de tout repos pour chercher à résoudre la crise libyenne. En effet, après plusieurs rencontres, dont celles de Berlin (Allemagne), d’Oyo (Congo), du Caire (Egypte) et de Monteux (Suisse), la capitale tunisienne va abriter, fin octobre, de nouvelles négociations visant à sortir le pays du chaos.

Le dialogue de Tunis débutera, le 26 octobre, par visioconférence, et se poursuivra début novembre. Il réunira, en présence du président du Comité de haut niveau de l’UA sur la Libye, Denis Sassou N’Guesso, de nombreux membres du Parlement de Tobrouk (est) et du Haut Conseil d’Etat (ouest), ainsi que des participants sélectionnés par l’ONU, représentant la diversité du pays.

Considéré comme l’aboutissement des différentes médiations menées par les Nations unies et la Communauté internationale pour trouver une solution politique et durable à la crise en Libye, ce forum doit faire l’état des lieux des consultations précédentes, afin de baliser la voie vers le démarrage effectif du processus démocratique dans le pays.

Selon Stephanie Williams, émissaire par intérim des Nations unies en Libye, les assises de Tunis visent à « dégager un consensus sur un cadre de gouvernance unifié et des arrangements qui conduiront à l’organisation d’élections ». « L’objectif de cette réunion est d’arriver à des élections nationales », précise-t-elle, alors que la Libye est déchirée entre deux autorités rivales : le Gouvernement d’union nationale (GNA) dans l’Ouest, basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, et un pouvoir incarné par Khalifa Haftar, homme fort de l’Est.

Concrètement, le forum politique libyen devra confirmer la création d’un nouveau conseil présidentiel, un gouvernement d’union nationale avec un nouveau Premier ministre et la constitution d’une armée véritablement nationale, points consensuels arrêtés lors des réunions antérieures.

Le pétrole et la sécurité au cœur de la rencontre

Ce qui pourrait être le début d’un processus démocratique avec à la clé, l’adoption d’une nouvelle Constitution permettant de créer le poste de chef de l’Etat qui n’existe pas en Libye. S’y ajoute l’adoption d’un code électoral et d’une commission électorale, afin d’organiser dans un délai raisonnable des élections présidentielle et législatives incontestables.

Parmi les points qui seront au cœur des négociations figurent les questions liées à la gestion du pétrole ainsi que celles d’ordre sécuritaire, qui pourraient aboutir à la dissolution des différentes milices et au rapatriement des mercenaires recrutés par les deux camps. Dans cette perspective, le peuple libyen s’attend à renouer avec la paix et l’unification des institutions du pays, et appelle les deux camps adverses à faire des concessions réciproques pour l’intérêt de la nation.

Au sujet de la manne pétrolière, Michel Scarbonchi, ex-eurodéputé français et proche du maréchal Khalifa Haftar, indique que les récentes discussions ont amené les deux parties à « mettre en place un comité indépendant chargé de la gérer et d’en faire une répartition juste entre les trois régions : la Tripolitaine (au Nord-Ouest), la Cyrénaïque (au Nord-Est), et le Fezzan (Ghadamès au Sud-Ouest) ». « L’argent ne passera plus sous le contrôle de l’ONU et de la Banque centrale libyenne qui est à Tripoli et dirigée par un frère musulman », précise-t-il.

Notons que les dirigeants africains soutiennent que leur continent, longtemps ignoré sur ce dossier géré principalement par l’ONU, est « mieux placé pour faire avancer la paix en Libye ». L’Afrique souhaite un renforcement de la collaboration avec l’instance onusienne en vue de résoudre le conflit libyen. Pour l’UA, il n’y aura pas de paix en Libye tant qu’elle n’aura pas de mainmise sur la situation dans ce pays.

 

Nestor N'Gampoula

Légendes et crédits photo : 

L'émissaire par intérim des Nations unies en Libye

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