Phénomène Ujana : l’Acaj interpelle l’autorité urbaine

Vendredi 7 Septembre 2018 - 17:45

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L’association de défense des droits de l’homme attend du gouverneur de la ville de Kinshasa, la convocation d’une réunion avec des acteurs impliqués dans la protection de la jeune fille afin de riposter en urgence contre le phénomène qui devient inquiétant.

"Ujana" est le nom donné à une mode qui s'enracine de plus en plus à Kinshasa, véhiculée par des jeunes filles âgées de 16 à 18 ans qui se plaisent à porter des vêtements courts et légers, exposant leur corps au public. L’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) s'en est montrée très préoccupée au point où elle a proposé la convocation par le gouverneur d'une réunion qui devra étudier une stratégie rapide pour contrer ce phénomène « avant qu’il ne prenne une grande ampleur sociale ». A cette rencontre, l'Acaj a souhaité également la participation des autorités de la police.

Dans sa correspondance du 6 septembre adressée à l’autorité urbaine, l’Acaj relève que le phénomène Ujana consistait à « porter des habits légers, sexy, faisant transparaître la poitrine et la partie inférieure du ventre », ajoutant: « Leurs messages d’incitation à la débauche et l’escroquerie sont diffusés par certains médias dont ceux en ligne. C’est une forme de prostitution qui porte atteinte aux bonnes mœurs ». 

L'impuissance de la société 

Kinshasa assiste impuissamment à la montée du phénomène "Ujana", ce mot de la langue swahili qui signifie « jeunesse ». C’est donc une nouvelle génération de filles qui cartonne par son accoutrement indécent qui attire les regards au passage.

La tolérance face à ce comportement a déjà amené plus d’un à se poser des questions sur la provenance familiale ou sociale de ces filles. « Les parents de ces filles se rendent-ils compte du danger que représente ce comportement ? », s’était enquis un Kinois qui pense que ce phénomène va assurément contribuer à l’expansion des maladies sexuellement transmissibles.

« Quel est l’objectif poursuivi par ces filles qui se promènent à moitié nues ? », s’est demandé un autre. Malgré tous ces questionnements, la société assiste, impuissante, à la montée en flèche de ce phénomène, toléré par certains opportunistes qui en profitent pour se faire de l’argent. Là où le bât blesse c'est qu' il y a également des parents qui vont jusqu’à l’encourager, offrant à leurs filles des habits à cet effet. « Ils oublient que ces accoutrements indécents peuvent occasionner le viol que la société déplore », a conclu un autre parent, désemparé.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Photo: un exemple de l'apologie du phénomène "Ujana", faite par un débit de boisson de Kinshasa

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