Afrique centrale et de l’ouest : près de dix mille écoles fermées à cause des conflits

Jeudi 17 Octobre 2019 - 15:15

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La situation sécuritaire précaire dans certaines zones du Nigeria, du Cameroun, de la Centrafrique, du Tchad, du Niger, du Mali, du Burkina Faso et de la République démocratique du Congo, selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), a déjà affecté plus de quarante millions d’enfants.

L'Unicef appelle les Etats à plus d’engagement pour résoudre la situation, impactée par le terrorisme, les tensions sociales, estimant que sa persistance aura des conséquences sur le développement humain dans les deux sous-régions, entravant à long terme leurs efforts de croissance future.

Entre fin 2017 et juin 2019, le nombre d'écoles forcées de fermer en raison de l'insécurité croissante dans les zones touchées par les conflits en Afrique centrale et de l'ouest a triplé.  Rien qu’au premier semestre 2019, 9272 écoles avaient déjà fermé. 40,6 millions d’enfants privés des enseignements à cause des violences. Le nombre d’enfants du primaire et du premier cycle du secondaire forcés de quitter l’école à cause de la violence atteignait déjà un total de 40,6 millions.

D'après l’Unicef "environ un enfant sur quatre dans le monde qui a besoin de l’aide humanitaire vit justement dans l’un des pays d'Afrique centrale et de l’ouest abritant des zones d’insécurité ". En Afrique centrale, il s’agit du Cameroun, de la Centrafrique, de la République démocratique du Congo (RDC) et du Tchad. Pour l’Afrique de l’ouest, le Nigeria, le Niger, le Mali et le Burkina Faso sont concernés.

Si pour certains de ces pays les tensions sécuritaires ou sociales qui nuisent actuellement à leur stabilité politique et économique sont assez récentes, pour d’autres, elles datent de plusieurs années déjà. C’est le cas de la RDC où les groupes rebelles multiplient les exactions dans le Nord-Kivu. Au Nigeria, c’est Boko Haram qui terrorise la population dans le nord-est du pays.

Forte avancée de la déscolarisation

Au Cameroun, le nombre d’écoles fermées du fait de conflits ne cesse d’augmenter. En raison d'attaques, de menaces d'attaques et d'une violence croissante dans ses zones du nord-ouest et du sud-ouest, le pays a enregistré près de la moitié du nombre total d’écoles fermées dans les deux sous-régions. En juin 2019, 4437 écoles avaient déjà fermé leurs portes, poussant plus de 609 000 enfants à ne plus être scolarisés. Dans les quatre pays touchés par la crise terroriste dans le bassin du lac Tchad ( hors Cameroun, Tchad, Niger et Nigeria) c'est de 981 à 1 054 écoles qui ont été fermées entre fin 2017 et juin 2019. Au Burkina Faso, c’est plus de 2000 écoles qui ont été contraintes de fermer à cause des attaques terroristes. Au Mali, c’est plus de 900 écoles. Entre avril 2017 et juin 2019, les pays du Sahel central - Burkina Faso, Mali et Niger - ont vu leur fermeture d’écoles multipliée par six en raison de la recrudescence de la violence. Elles sont passées de 512 à 3 005, à en croire l'Unicef.

Le développement économique de demain compromis par les conflits

Ces conflits qui tardent à prendre fin suscitent, au fil du temps, des défis sur le développement humain des deux sous-régions, entravant une partie de la force active dont elles auront besoin pour mener à bien leur future transformation socioéconomique. Pour la Banque mondiale, "l'éducation est essentielle à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté. Des systèmes éducatifs de qualité produisent les travailleurs de l’économie mondiale et élargissent les connaissances. La scolarisation permet aux élèves d’acquérir les compétences nécessaires à la productivité individuelle du travail. La scolarisation produit également une foule d'avantages sociaux et non commerciaux, notamment l'amélioration du bien-être des enfants, de l'état de santé, de l'efficacité des choix de consommation et du capital social. La contribution individuelle de la scolarité a souvent été mesurée par les gains du marché du travail ".

 

Noël Ndong

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