Prix Kourouma 2025 : Véronique Tadjo récompensée pour « Je remercie la nuit »

Samedi 23 Août 2025 - 15:43

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Le roman « Je remercie la nuit » de l’écrivaine franco-ivoirienne Véronique Tadjo a été distingué par le Prix Ahmadou Kourouma 2025, lors du Salon du Livre de Genève. L’ouvrage, salué pour sa puissance narrative et sa portée mémorielle, explore les cicatrices laissées par la crise post-électorale ivoirienne de 2010.

 

Selon le comité du Prix Kourouma, « Je remercie la nuit » s’inscrit dans une démarche de « réparation littéraire ». L’auteure y déploie une écriture sobre et poétique pour “donner forme aux blessures invisibles”, tout en offrant une lecture lucide des conséquences humaines des conflits politiques. D’après la même source, Tadjo cherche à « faire dialoguer l’intime et le collectif ».

Le récit s’articule sur deux étudiantes ivoiriennes, à savoir Flora, contrainte à l’exil en Afrique du Sud, et Yasmina restée à Abidjan auprès de sa famille. Selon les éditions Don Quichotte, qui publient le roman, cette construction en miroir permet de « cartographier les émotions de la jeunesse africaine face à la violence et à la perte ».

Flora, artiste en devenir, incarne la fuite, la reconstruction et le regard porté depuis l’extérieur. Yasmina, enracinée dans le tumulte de son pays, représente la mémoire, la résistance et l’attachement. Selon Tadjo, ces deux figures « ne sont pas opposées, mais complémentaires : elles portent chacune une vérité du traumatisme ».

D’après le jury, le roman délivre un message de résilience : « la nuit, loin d’être une fin, devient un espace de transformation ». Le texte célèbre la puissance de l’art, la solidarité féminine, et la capacité à renaître malgré les fractures. Selon Jeune AfriqueJe remercie la nuit est « un chant discret mais profond pour celles et ceux que l’histoire a laissés au bord du chemin ».

Le roman invite à penser l’exil comme une métamorphose plutôt qu’une fuite. Selon des critiques littéraires, Tadjopropose une « philosophie du déplacement », où chaque rupture devient une opportunité de réinvention. D’après Livres Hebdo, l’œuvre “réconcilie l’Afrique avec ses propres fantômes”.

Le style de Tadjo, à la fois épuré et lyrique, confère au texte une dimension universelle. Selon le Salon du Livre de Genève, Je remercie la nuit transcende les frontières géographiques et émotionnelles. L’auteure, déjà reconnue pour ses engagements littéraires et citoyens, confirme ici sa place parmi les voix majeures du continent.

Dans une scène finale d’une intensité rare, Flora revient brièvement à Abidjan. Elle y retrouve Yasmina dans un silence chargé de souvenirs et de non-dits. Selon des lecteurs présents lors de la présentation du livre, cette rencontre « ne dit rien, mais contient tout : le pardon, la douleur, l’amour et la mémoire ». D’après la même source, Tadjo y signe « une fin suspendue, comme une nuit qui hésite à devenir jour ».

Chris Louzany

Légendes et crédits photo : 

L’écrivaine franco-ivoirienne Véronique Tadjo/DR

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