Bassin du Congo : cap sur les marchés carbone pour valoriser le capital forestierMardi 24 Février 2026 - 14:15 Les six pays forestiers du bassin du Congo viennent de se doter de feuilles de route stratégiques pour mieux valoriser leur capital naturel sur les marchés carbone. Appuyée par la Banque mondiale (BM), l’initiative ambitionne de transformer la richesse forestière régionale en levier de croissance durable, d’emplois verts et de résilience climatique.
Les pays à haute forêt et faible déforestation du bassin du Congo, notamment le Cameroun, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo (RDC), la Guinée équatoriale, le Gabon et la République du Congo franchissent une nouvelle étape dans la monétisation de leurs ressources forestières. À travers des feuilles de route nationales sur les marchés du carbone et le financement climatique, ils entendent mobiliser des paiements fondés sur les résultats et attirer des investissements verts à long terme. Ces documents stratégiques, élaborés avec l’appui technique de la BM, proposent des plans adaptés au niveau de la préparation institutionnelle de chaque pays. L’objectif est de convertir le capital naturel en ressources financières concrètes, tout en conciliant préservation des forêts, développement économique et bénéfices pour les communautés locales. Les feuilles de route mettent l’accent sur le renforcement de la coordination institutionnelle, la mise en place de mécanismes équitables de partage des bénéfices et le déploiement de systèmes performants de surveillance, reporting et vérification, en conformité avec l’article 6 de l’Accord de Paris. Elles insistent également sur la clarification du cadre juridique et fiscal des crédits carbone ainsi que sur l’implication du secteur privé. Selon Chakib Jenane, directeur régional de la pratique de la BM pour la région Afrique de l'Ouest et du centre, les forêts du bassin du Congo offrent plus que la simple régulation climatique mondiale, elles représentent des actifs financiers essentiels et une opportunité de développement. « Ces feuilles de route constituent donc le lien crucial et montrent comment les pays peuvent convertir le capital naturel en investissements tangibles générant des revenus, des emplois et de la résilience pour les communautés locales », a-t-il souligné. Certains pays, à l’instar du Gabon et du Congo, ont déjà amorcé des initiatives pilotes liées aux paiements ayant pour base les résultats et aux mécanismes Redd+. D’autres, comme la Guinée équatoriale et la Centrafrique, se trouvent encore en phase préparatoire. La RDC et le Cameroun disposent, quant à eux, d’importantes opportunités à structurer. Pour la BM, ces feuilles de route marquent un tournant stratégique. « il ne s’agit plus seulement de freiner la déforestation, mais de repositionner les forêts comme moteurs de croissance résiliente et inclusive », précise-t-il. À travers cette démarche concertée, le bassin du Congo entend ainsi peser davantage sur les marchés carbone internationaux et capter une part plus significative des financements climatiques mondiaux, tout en consolidant son rôle clé dans la régulation climatique mondiale. Gloria Imelda Lossele Notification:Non |










