Gestion forestière : l’OCDH sensibilise les journalistes

Lundi 29 Juin 2026 - 16:09

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Dans le but de sensibiliser l’opinion nationale et internationale aux questions liées à la protection des forêts, l'Observatoire congolais des droits de l'homme (OCDH) a échangé avec les professionnels des médias, le 27 juin à Brazzaville, afin de les impliquer dans le suivi et l’analyse de la gestion durable des forêts et les défis liés à la mise en œuvre des grilles de légalité, avant de leur remettre la note d'analyse sur le sujet.

La rencontre visait à renforcer les capacités des journalistes à jouer pleinement leur rôle de vigile et de relais dans le combat pour la transparence et la durabilité. « Ce n'est pas seulement pour faire le relais de ce que nous donnons ici, mais c'est aussi pour impliquer les professionnels des médias dans ce plaidoyer », a déclaré le coordonnateur des programmes de l’OCDH, Godefroy Quentin Banga, demandant que le message soit porté plus haut.

La réunion a été l'occasion de rappeler l'importance de l'Accord de partenariat volontaire Flegt, signé entre le Congo et l'Union européenne (UE) en 2010 et ratifié en 2013. Cet accord vise à garantir que tout le bois exporté vers l'UE soit issu d'une exploitation légale, à travers un système de traçabilité et de vérification de la légalité.

Selon la note d'analyse présentée par la directrice exécutive de l'OCDH, Nina Kiyindou, les grilles de légalité qui constituent le document de base de cette vérification sont aujourd'hui confrontées à des défis majeurs. La révision du Code forestier en 2020 et l'adoption de nouvelles lois ont rendu certains indicateurs et vérificateurs obsolètes ou non harmonisés.

Les défis identifiés sont nombreux et concernent aussi bien les aspects législatifs que fiscaux. Parmi lesquels, la non application des nouveaux titres forestiers, notamment le permis d'exploitation domestique, le permis de coupe de bois de plantation et la convention de valorisation du bois de plantation.

On note aussi l’absence de textes d'application, en particulier pour la loi sur le partage de production des grumes, ou pour la création des forêts communautaires ; le manque de clarté sur les nouvelles taxes forestières, comme la taxe de résidus ou la taxe d’occupation ; et la non-élaboration de l'arrêté sur les modalités de vente locale des produits forestiers issus des droits d'usage.

Face à ces constats, l'OCDH a formulé des recommandations claires à l'endroit des pouvoirs publics, leur demandant de procéder d'urgence à l'évaluation et à la révision des grilles de légalité pour les rendre opérationnelles. Un appel est également lancé à l'UE pour qu'elle exige cette révision, et au secteur privé pour qu'il s'implique.

Pour le coordonnateur Godefroy-Quentin Banga, l'enjeu est bien plus vaste qu'une simple question technique. Il s'agit de la survie des communautés locales et de la préservation de l'environnement. « Si ce processus connaît le même sort que celui connu par les Camerounais et les Libériens, cela va exposer notre environnement. Il y aura peu de contrôle et l'exploitation risque de devenir anarchique avec les conséquences irréversibles sur les communautés et la population locale », a-t-il averti.

En associant les journalistes à son plaidoyer, l'OCDH leur offre les outils nécessaires pour un suivi rigoureux et pointu. En retour, il attend des médias qu'ils soient des témoins exigeants des politiques forestières, et capables de contribuer à une meilleure protection des ressources naturelles du Congo.

Jean Pascal Mongo-Slyhm

Légendes et crédits photo : 

1- Le bureau de l'OCDH /Adiac 2- Des journalistes et les membres de l'OCDH /Adiac

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