9e sommet annuel Mining on top Africa: extraits de la table ronde sur « ...la vision de l’Afrique pour la souveraineté minérale et la croissance durable »Jeudi 9 Juillet 2026 - 18:43 Le ministre congolais des Industries minières et de la Géologie, Urbain Fiacre Opo, et son homologue mauritanien, Edy Ould Zeine, ont pris part, du 7 au 8 juillet à Paris, au 9e sommet annuel Mining on top Africa. Ils étaient les intervenants du panel « De la propriété des ressources au pouvoir économique : la vision de l’Afrique pour la souveraineté minérale et la croissance durable », présidé par Mariame-Yolande Bah, conseiller juridique principal et coordinateur régional pour l’Afrique du Nord et du centre. S’agissant des efforts du Congo de développer et de diversifier son secteur minier, le modérateur du panel, Philippe Ngamou, a posé la question sur la plus grande opportunité pour le pays d'attirer de nouveaux investissements et de libérer son potentiel minier au cours de la prochaine décennie. Le ministre Urbain Fiacre Opo a répondu que depuis les années 2000, à la faveur du Code minier 2005, le gouvernement de son pays, de concert avec les investisseurs nationaux et étrangers, a abattu un travail de grande envergure à travers la recherche géologique et minière. Les efforts ainsi consentis dans le secteur des mines solides ont permis la découverte de plusieurs gisements. On en dénombre une vingtaine aujourd’hui. Il a rappelé que l’économie du Congo repose principalement sur le secteur pétrolier, lequel supporte les 98% du budget national, contre 0,16% pour les mines solides. A son avis, au regard du caractère volatile de l’économie pétrolière, le gouvernement s’est donné pour priorités, entre autres, de valoriser le potentiel minier ainsi découvert, constitué des six gisements de fer dont le potentiel est estimé à 25 milliards de tonnes de réserves, huit gisements des sels de potasses pour 16 milliards de tonnes de réserves, et le gisement de phosphates avec 700 millions de tonnes. Il en a déduit qu’en termes de grandes opportunités pour les investisseurs, il existe la stabilité politique pour un bon climat des affaires. La première opportunité demeure la valorisation du potentiel minier dormant, en privilégiant le partenariat public-privé ; la promotion de la transformation locale des minerais par la construction des infrastructures minières ; le développement de la chaîne des valeurs du potentiel minier du secteur ; l’opérationnalisation des zones zconomiques spéciales, dont celle de Pointe-Noire qui est déjà opérationnelle. « Cette dynamique est renforcée par un cadre juridique modernisé, notamment le nouveau Code minier, qui garantit la sécurité des investissements, ainsi qu’une souveraineté, conciliant la protection des intérêts nationaux et la stabilité nécessaire pour nos partenaires et la mise en œuvre sous peu du code minier communautaire », a-t-il expliqué. Quant à la mutualisation en vue du développement de la chaîne de valeur minière, comment établir les coopérations respectives? Le ministre Urbain Fiacre Opo a reconnu l’importance de la mise en place de la coopération régionale, car, a-t-il estimé, aucun pays ne peut, à lui seul, développer l’ensemble de la chaîne de valeur minière. Il est donc essentiel de construire des chaînes d’approvisionnement régionales intégrées, adossées à des infrastructures communes telles que les corridors de transport, les réseaux énergétiques, les ports et les plateformes industrielles. Son pays soutient une approche fondée sur la complémentarité entre pays africains, afin de mutualiser les investissements, de sécuriser les flux de matières premières et de renforcer la compétitivité des industries. Cette dynamique doit également s’accompagner du partage d’expertise, du développement des compétences locales et d’une harmonisation progressive des cadres réglementaires pour faciliter l’intégration régionale. Le ministre congolais des Industries minières et de la Géologie a relevé que, concernant les infrastructures partagées et les capacités industrielles renforcées, le Congo développe depuis quelques années sa propre expérience par la mise en place des routes d’intégration régionale avec la Centrafrique, le Cameroun, le Gabon et le Cabinda, et le pont route-rail entre Brazzaville et Kinshasa. Au passage, il a rappelé que le manganèse du Gabon transitait par le Congo. Pour le minerai de fer au Nord du Congo, notamment le fer d’Avima, de Nabeba et de Badondo, devant être exploité par la société Sangha Mining développement, il va transiter par le Cameroun dans un premier temps, en attendant la construction du chemin de fer qui reliera tous les sites miniers.
Par la suite, plusieurs thèmes, aussi importants les uns que les autres, ont été abordés. Par exemple, l’accélération du développement des infrastructures, l’accès à l’énergie et une croissance économique large. Le ministre congolais a précisé que chaque projet minier doit être un levier de développement national intégré. Le succès des partenariats public-privé repose sur la confiance mutuelle En ce qui concerne le rôle des partenariats public-privé à établir en Afrique, il estime que le succès des partenariats public-privé dans le secteur minier repose avant tout sur la confiance mutuelle et la clarté des règles. « Ces principes constituent, selon nous, les fondements de partenariats durables, équilibrés et mutuellement bénéfiques », a-t-il confié. Soucieux que l’exploitation minière génère davantage d’opportunités économiques pour les Congolais, Urbain Fiacre Opo a mis en avant que l’élaboration de la politique nationale demeure sous le leadership du Premier ministre, Anatole Collinet Makosso. Il a parlé également de l’existence d’une loi rendant obligatoire certaines bonnes pratiques dans le secteur extractif en général, menant au respect de l’implémentation de cette politique dans les lois sectorielles, notamment celle du Code minier. Pour la prochaine décennie, le facteur déterminant du secteur minier africain sera la transition énergétique mondiale qui accroît fortement la demande en minerais critiques. L’Afrique, en général, et le Congo, en particulier, occupent une position stratégique pour répondre à cette évolution. Face à l’intensification de la concurrence pour les investissements miniers mondiaux, sa réponse a fait le distinguo pour la République du Congo, qui ne dispose pas uniquement d’un potentiel géologique exceptionnel, mais d’une stratégie globale et cohérente de développement du secteur minier. « Notre compétitivité repose sur la combinaison d’un cadre juridique attractif et en constante amélioration, la modernisation des infrastructures et une vision politique claire orientée vers le partenariat responsable », a-t-il indiqué. Et de conclure : « La République du Congo se positionne comme le futur acteur minier africain qui va rejoindre inévitablement le concert des grands pays miniers, vu les bons indicateurs de processus de certains projets industriels ».
Marie Alfred Ngoma Légendes et crédits photo :Des panélistes lors du 9e sommet du secteur minier africain à Paris / Fredy Mizelet by Flam image Notification:Non |


« On peut également citer le boulevard énergétique, en partant de la République démocratique du Congo, ainsi que tous les autres micro barrages hydroélectriques existants…Le fleuve Congo constitue la limite naturelle, sans oublier le port autonome de Pointe-Noire dont je ne saurais vanter les mérites plus que les responsables qui le gèrent. Des tirants d’eau importants permettent l’accostage des bateaux de plus de cent tonnes », a assuré le ministre Urbain Fiacre Opo.








