Protection des espèces animales : des délits fauniques signalés à Nkayi et Dolisie

Mercredi 21 Octobre 2026 - 18:00

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Le 18 octobre, dans les départements de la Bouenza et du Niari, trois individus présumés trafiquants ont été arrêtés en possession d’une peau de panthère et de deux pointes d’ivoire, chacune taillée en quatre morceaux. 

Peu après l'opération, une quatrième personne, considérée comme complice, a également été interpellé. Ces arrestations ont été effectuées grâce à une action conjointe des services de la gendarmerie nationale en collaboration étroite avec les agents de la direction départementale de l’Économie forestière, bénéficiant de l’appui technique du Projet d’appui à l’application de la loi sur la faune sauvage (PALF).

Les suspects doivent répondre de leurs actes devant le parquet de la République près le tribunal de grande instance. Ils sont accusés de nombreux délits liés à la détention, au transport et à la commercialisation de trophées issus d’espèces animales intégralement protégées par la législation congolaise.

Selon les informations disponibles, les trois personnes interpellées auraient transporté ces objets prohibés depuis Dolisie jusqu’à Nkayi dans l’intention manifeste de les vendre. Par ailleurs, il semblerait que plusieurs autres complices soient actuellement en fuite, laissant présager une implication plus large dans ce trafic illicite.

Cet épisode intervient dans un contexte où le braconnage et le commerce illégal de produits issus d’espèces sauvages exacerbent les menaces qui pèsent sur leur survie. L’éléphant et la panthère sont classés parmi les espèces animales intégralement protégées par la loi congolaise, en raison de leur grande vulnérabilité. Toute personne reconnue coupable des crimes liés à ces espèces encourt une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement assortie d’une lourde amende pouvant atteindre cinq millions FCFA, conformément aux dispositions légales en vigueur.

Les répercussions environnementales du braconnage sont graves car il contribue, entre autres, à l’extinction progressive de la population d’animaux sauvages et menace l’équilibre des écosystèmes. Ainsi, les chiffres présentés dans le rapport Planète vivante 2026 du WWF mettent en lumière une réalité alarmante : entre 1970 et 2022, la population de vertébrés sauvages surveillée en Afrique a enregistré une diminution moyenne de 80 %.

Plus inquiétant encore est le déclin dramatique des éléphants de forêt du continent africain, dont les effectifs ont chuté de plus de 60 % durant les dernières décennies. Ce recul implacable affecte non seulement la biodiversité mais compromet également des processus écologiques essentiels tels que la régénération des forêts, le maintien des services écosystémiques critiques et le stockage du carbone.

Pour faire face à cette crise écologique, le Congo démontre un engagement ferme en faveur de la préservation des espèces animales menacées d’extinction. Les autorités locales ne cessent d’intensifier leurs efforts pour sanctionner sévèrement les contrevenants et dissuader toute activité contraire aux lois protégeant la faune sauvage. À ce titre, l’article 27 de la loi 37/2008 du 28 novembre 2008 sur la faune et les aires protégées précise avec clarté que l’importation, l’exportation, la détention et le transit sur le territoire national des espèces intégralement protégées ainsi que leurs trophées sont strictement interdits, sauf dérogation exceptionnelle accordée par l’administration des eaux et forêts, dans le cadre des recherches scientifiques ou pour des projets axés sur la reproduction.

Face aux défis que représente la lutte contre la criminalité faunique, le Congo s’érige en gardien vigilant de son patrimoine naturel et entend poursuivre sans relâche ses efforts en vue de garantir un avenir durable à ses écosystèmes et à ses emblématiques espèces sauvages. Ces actions illustrent non seulement une volonté de préserver la biodiversité mais aussi une prise de position forte contre l’exploitation insensible des animaux intégralement protégés.

Fortuné Ibara

Légendes et crédits photo : 

Les personnes suspectées/Adiac

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