Nkayi : un couple interpellé pour détention illégale et tentative de vente d’un bébé mandrillMardi 27 Octobre 2026 - 9:51 Un couple a été interpellé, le 23 octobre à Nkayi, dans le département de la Bouenza, pour détention illégale et tentative de commercialisation d’un bébé mandrill, une espèce intégralement protégée par la législation congolaise.
Selon les informations communiquées, les deux personnes interpellées, âgées de plus de 31 ans, ont reconnu les faits qui leur sont reprochés, notamment la détention, la circulation et la tentative de commercialisation de cet animal sauvage protégé. Un bébé mandrill victime de mauvais traitements L’enquête révèle que le couple aurait acquis le jeune primate auprès de braconniers en janvier dernier, avant de le conserver en captivité pendant plusieurs mois dans l’intention de le revendre. Âgé de plus d’un an, le bébé mandrill aurait été exposé à des conditions de détention difficiles, caractérisées notamment par l’exposition au soleil, la privation de liberté et divers mauvais traitements. Sa captivité prolongée constitue une menace pour son bien-être et son développement. Après sa saisie, l’animal a été confié à l’équipe de l’Institut Jane-Goodall, au sanctuaire de Tchimpounga, dans le département du Kouilou. Il doit y bénéficier de soins adaptés avant d’envisager, si son état et les conditions le permettent, un éventuel retour dans son milieu naturel. De lourdes sanctions prévues par la loi Les deux personnes interpellées devront répondre de leurs actes devant la justice. Elles s’exposent, selon les dispositions légales applicables rappelées dans les informations relatives à cette affaire, à des peines pouvant atteindre cinq ans d’emprisonnement ferme et à des amendes allant jusqu’à cinq millions F CFA. Au Congo, l’article 27 de la loi n° 37-2008 du 28 novembre 2008 sur la faune et les aires protégées interdit précisément l’importation, l’exportation, la détention et le transit sur le territoire national des espèces intégralement protégées, ainsi que de leurs trophées, sauf dérogation spéciale accordée par l’administration des eaux et forêts dans les cas prévus par la loi, notamment pour la recherche scientifique ou la reproduction. Cette disposition vise à renforcer la protection des espèces menacées et à lutter contre les activités qui alimentent leur exploitation illégale. Le mandrill, une espèce menacée par les activités humaines Le mandrill est un primate présent principalement dans le Sud du Cameroun, au Gabon et en Guinée équatoriale. Sa présence au Congo est plus rare. Classé comme vulnérable par l’Union internationale pour la conservation de la nature, il figure également à l’Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, qui encadre strictement le commerce international des espèces concernées. Comme d’autres grands primates, il subit les conséquences des activités humaines, à savoir le braconnage, le commerce illégal de la viande de brousse et la destruction de son habitat au profit de l’exploitation forestière et des activités agricoles. Un appel à la protection de la faune sauvage Cette affaire rappelle que les animaux sauvages ne doivent pas être considérés comme des animaux de compagnie ou des moyens de divertissement. Leur détention peut compromettre leur santé et leur survie, tout en exposant les personnes à des risques sanitaires liés à la transmission de maladies entre l’homme et l’animal. La lutte contre le trafic de la faune sauvage nécessite ainsi la mobilisation des services compétents, des organisations de protection de l’environnement et la population. Le signalement des activités suspectes et le refus d’acheter des animaux sauvages issus du braconnage constituent des moyens importants pour contribuer à la préservation de la biodiversité. Au-delà de l’interpellation de ce couple à Nkayi, l’enjeu est de rappeler que la protection des espèces sauvages relève à la fois du respect de la loi et de la responsabilité collective envers le patrimoine naturel congolais. Fortuné Ibara Légendes et crédits photo :Un bébé mandrill /Adiac Notification:Non |


L' opération a été menée par des éléments de la région de gendarmerie en poste à Madingou et à Nkayi, en collaboration avec les agents de la direction départementale de l’Économie forestière de la Bouenza, avec l’appui technique du Projet d’appui à l’application de la loi sur la faune sauvage.








