Afrique centrale : quand la crise de l’eau creuse les inégalitésMercredi 4 Mars 2026 - 21:06 À l’occasion de la Journée mondiale de l'eau placée cette année sur le thème « Where water flows, equality grows », World vision France rappelle que la crise mondiale de l’eau est aussi une crise d’égalité. En Afrique centrale, cette réalité est particulièrement aiguë. Paradoxalement, l’Afrique centrale abrite l’un des plus vastes bassins fluviaux au monde, le bassin du Congo. Pourtant, l’abondance théorique de ressources hydriques ne garantit pas un accès universel à l’eau potable. En République démocratique du Congo, en République centrafricaine ou encore au Cameroun, des millions de personnes vivent sans accès à une eau gérée en toute sécurité. Les infrastructures restent insuffisantes, en particulier dans les zones rurales et périurbaines. L’urbanisation rapide, conjuguée à la faiblesse des réseaux d’assainissement, expose la population à des risques accrus de contamination lors des inondations. Dans certaines zones forestières ou enclavées, les systèmes communautaires d’approvisionnement sont fragiles et vulnérables aux aléas climatiques. Le « paradoxe hydrique » au cœur de la crise climatique Comme en Asie ou ailleurs, l’Afrique centrale subit de plein fouet le « paradoxe hydrique » : alternance de pluies torrentielles et de sécheresses prolongées. Les crues soudaines polluent les puits et submergent les latrines, favorisant la propagation de maladies hydriques. À l’inverse, les périodes de sécheresse réduisent drastiquement l’accès à l’eau potable et compromettent l’hygiène, la nutrition et la scolarisation des enfants. En République démocratique du Congo, les épidémies de choléra restent récurrentes dans certaines provinces. En République centrafricaine, les crises sécuritaires aggravent encore la fragilité des infrastructures hydrauliques. Au Cameroun, notamment dans les régions septentrionales, les variations climatiques accentuent la pression sur les ressources disponibles. Les femmes et les filles en première ligne La collecte de l’eau repose majoritairement sur les femmes et les filles en Afrique centrale ou ailleurs. Lorsque les sources s’éloignent, ce sont elles qui parcourent des kilomètres supplémentaires, souvent au détriment de leur scolarité ou de leurs activités économiques. Ce « fardeau du temps » entretient les inégalités de genre. Les risques d’agressions lors des trajets vers des points d’eau isolés augmentent dans certains contextes fragiles. Le port répété de charges lourdes a également des conséquences physiques durables. La crise de l’eau devient ainsi un multiplicateur d’inégalités sociales, économiques et sanitaires. Une urgence sanitaire silencieuse L’eau insalubre demeure l’une des principales causes de maladies diarrhéiques infantiles dans la région. Lorsque les infrastructures sont endommagées par des inondations ou des conflits, les écoles ferment, les centres de santé sont débordés et la vulnérabilité des enfants s’accroît. En Afrique centrale, où les taux de pauvreté restent élevés, la sécurité hydrique conditionne directement la stabilité des communautés et leur capacité à résister aux chocs climatiques. L’engagement des acteurs humanitaires Présente dans plusieurs pays d’Afrique centrale, World vision déploie des programmes Wash (Eau, hygiène et assainissement) combinant infrastructures et transformation sociale : forage et réhabilitation de points d’eau ; construction de latrines familiales et scolaires; promotion du lavage des mains; formation de comités locaux de gestion incluant les femmes; adaptation des installations aux chocs climatiques. L’objectif est de bâtir des systèmes résilients et inclusifs, afin que l’accès à l’eau ne dépende ni d’une saison des pluies capricieuse ni d’une catastrophe naturelle. L’eau comme levier d’égalité en Afrique centrale En Afrique centrale, garantir l’accès universel à l’eau potable n’est pas seulement un enjeu environnemental : c’est un impératif de justice sociale et de stabilité régionale. Là où l’eau circule de manière sûre et durable, les filles restent à l’école, les femmes développent des activités génératrices de revenus, les enfants tombent moins malades et les communautés se renforcent. En cette Journée mondiale de l’eau 2026, le message est clair : en Afrique centrale comme ailleurs, l’égalité ne progressera que si la gouvernance de l’eau devient inclusive, équitable et résiliente face au changement climatique. Noël Ndong Notification:Non |










