Interview. Médard Milandou Nsonga: "Aucun manquement grave de consigne liée à la couverture médiatique n’a été constaté pendant l'élection présidentielle''

Jeudi 26 Mars 2026 - 9:28

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Nommé par décret du président de la République du 7 août 2025 président du Conseil supérieur de la liberté de la communication, Médard Milandou Nsonga vient de superviser son premier exercice électoral. Interview.

 

Médard Milandou NsongaLes Dépêches de Brazzaville (L..D. B.) : Comment le Conseil supérieur de la liberté de communication s’est-il impliqué dans la régulation de la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle de mars 2026 ?

Médard Milandou Nsonga (M.M.S.) : Nommé par décret présidentiel le 7 août de l’année dernière, je viens de superviser mon premier exercice électoral, ainsi que vous venez de le rappeler. Dans la régulation de l’élection présidentielle de mars 2026, le CSLC a mené des activités préliminaires. De ce fait, nous avons organisé des séminaires de renforcement des capacités au profit des professionnels des médias et des communicants des partis politiques, pour une bonne communication électorale. Nous avons initié une rencontre avec la presse à propos des directives relatives à la couverture médiatique de l’élection présidentielle et, dans la même optique, nous avons mis à leur disposition les délibérations du Conseil publiées au Journal officiel. Nous avons eu, avec les partis et les plateformes politiques, des rencontres citoyennes en vue d’une communication politique apaisée. Conformément à la loi n° 15-2001 du 31 décembre 2001 relative au pluralisme dans l’audiovisuel, nous avons procédé au tirage au sort pour définir l’ordre de passage de chaque candidat quant à la diffusion puis l’enregistrement de leurs messages. Nous avons facilité les entrevues avec les délégations de l’Organisation internationale de la Francophonie, de l’Internationale socialiste et des Servitas Cameroun, des organisations venues en République du Congo en mission d’observation de l’élection présidentielle. Le Conseil s’est déployé à Pointe-Noire et à Brazzaville pour jouer son rôle de régulateur.

L.D.B. : Les médias ont-ils respecté les consignes de l’organe de régulation ?

M.M.S. : Dans l’ensemble, ils les ont respectées dans la mesure où aucun manquement grave lié à la couverture médiatique n’a été constaté. Pour preuve, certains observateurs électoraux nous ont plutôt félicités pour le travail acharné et minutieux pendant cette élection en prenant, par exemple, le respect de l’ordre de passage des messages de chacun des sept candidats sur les antennes de la chaîne nationale Télé Congo.

L.D.B. : Huit mois après votre prise de fonction, pourriez-vous nous dresser un bilan à mi-parcours ?

M.M.S. : Nous sommes effectivement à quelques mois d’une année pleine en vue de pouvoir établir un premier bilan annuel. Au niveau international, j’ai représenté le CSLC au colloque international sur le discours de haine, organisé du 25 au 27 septembre 2025 à N’Djaména, au Tchad, sur le thème "Les mécanismes de lutte contre les discours de haine : état des lieux et perspectives". À l’issue des travaux, les président(e)s et chefs de délégation membres des institutions de régulation des médias ont adopté une série de déclarations et de recommandations. J’ai également participé à celui du Maroc concernant l’intelligence artificielle. Nous continuons d’entretenir de bonnes relations avec les organes de régulation d’autres pays avec lesquels nous formons des réseaux solides, le Réseau des instances africaines de régulation et le Réseau francophone de régulation de la communication.

En ce qui concerne l’organisation des séminaires de renforcement de capacités des professionnels des médias dans la période préélectorale, les partenaires internationaux représentés en Eépublique du Congo, tels que le Programme des Nations unies pour le dévéloppement, l’Unesco et l’Union européenne, nous ont apporté leur aide comme auparavant.

Dans l’ensemble, à ce jour, après avoir mené à bien sous ma direction la première participation à la régulation électorale, je peux affirmer que nous avons pu consolider nos rapports avec les partenaires nationaux exerçant dans le domaine de l’information et de la communication.

Puisque nous sommes à quelques jours de la réception de la dépouille de mon prédécesseur, le président Philippe Mvouo, décédé en France, permettez-moi de lui rendre un hommage digne de son rang avant-même que ne parviennent ceux des hautes autorités congolaises.

 

 

 

Propos recueillis par Marie Alfred Ngoma

Légendes et crédits photo : 

Médard Milandou Nsonga

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