CPI : l’Acaj salue l’ouverture du procès Ruto et Sang

Mardi 10 Septembre 2013 - 17:47

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Pour l'ONG, le début de cette affaire est une opportunité pour toute l’Afrique et le Kenya de connaître la vérité sur les actes perpétrés suite à l’élection présidentielle de 2007 ainsi qu’une opportunité pour les victimes qui sont assurées que la justice leur est rendue par une cour indépendante.

Le procès qui débute le 10 septembre devant la Cour pénale internationale (CPI) sur la situation au Kenya constitue, selon le président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj), Georges Kapiamba, une occasion pour lutter contre l’impunité de plus hauts responsables des crimes graves et ainsi jeter les bases d’une paix durable, favoriser l’instauration d’un État de droit et prévenir la répétition des atrocités commises en 2007/2008 au Kenya ou sur le continent africain.

La conférence de presse tenue le 10 septembre au siège de cette ONG, à Gombe, a permis au président de l’Acaj de noter également que l’affaire sur le Kenya constitue aussi un signal fort pour des seigneurs de guerre à l’est de la RDC, qui devront réaliser que le pouvoir ne sert pas de sanctuaire aux auteurs des crimes internationaux. « C’est la première fois qu’un vice-président, en exercice, comparaît devant la CPI conformément au statut de Rome qui consacre le principe d’égalité entre toutes les personnes », a souligné Georges Kapiamba. En vertu de ce statut, a-t-il poursuivi, aucun chef d’État ou de gouvernement ni aucun membre de gouvernement ne peut bénéficier d’une immunité face à des poursuites judiciaires devant la CPI.

Coopération avec la CPI

L’Acaj, qui est membre du programme de lutte contre l’impunité dans la région de l’Afrique de l’Est et centrale, a exhorté la RDC à continuer sa coopération avec la CPI pour les enquêtes en cours. L’ONG a aussi conseillé l’incitation des autres États africains à réitérer leur soutien à cette cour et surtout à adopter la loi de mise en œuvre du statut de Rome, qui traîne depuis plusieurs années.

Georges Kapiamba a balayé du revers de la main une opinion qui tient la CPI comme un instrument au service des colonisateurs. « Elle n’est pas raciste à l’égard des Africains; elle ne remplace pas les tribunaux nationaux mais intervient lorsque les autorités ne manifestent pas de volonté d’enquêter et de poursuivre les auteurs des crimes graves », a-t-il rassuré.

Pour le président de l’Acaj, l’objectif de la CPI est d’aider à mettre un terme à l’impunité des auteurs des crimes les plus graves touchant l’ensemble de la communauté internationale et de contribuer ainsi à leur prévention.

Le président de l’Acaj, qui a aussi salué le courage des victimes kenyanes afin de servir d’émulation pour les autres peuples du monde, particulièrement de l’Afrique, a appelé les journalistes à ne pas faire l’apologie du crime, dans leur travail.

Il est rappelé que le procès ouvert à la Haye oppose le procureur au vice-président kenyan, William Samoei Ruto, et le journaliste Joshua Arap Sang. Ils sont accusés de crimes contre l’humanité commis en relation avec les violences postélectorales de 2007-2008 au Kenya. Alors que le procès du président kenyan, Uhuru Muigai Kenyatta, s’ouvre devant la CPI le 12 novembre. Les trois ont coopéré avec la cour et ont opté pour comparaître volontairement.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Photo 1: Le président de l'Acaj, Georges Kapiamba Photo 2 Bopaul et Georges Kapiamba Photo 3: Des journalistes lors de la conférence de presse