Est de la RDC : Bruxelles exige des couloirs humanitaires face à l’urgence absolue

Mardi 24 Février 2026 - 11:15

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En déplacement à Goma, la commissaire européenne à la gestion des crises, Hadja Lahbib, a appelé, vendredi dernier, les groupes rebelles actifs dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) à ouvrir des couloirs humanitaires sécurisés afin de permettre l’acheminement de l’aide à des millions de civils pris au piège des combats.

La responsable européenne a rencontré les dirigeants de l’Alliance fleuve Congo (AFC/M23), coalition rebelle qui inclut le Mouvement du 23 mars (M23). Cette étape s’inscrivait dans une tournée régionale l’ayant conduite également au Rwanda et au Burundi, dans un contexte de forte dégradation sécuritaire. « Je suis venue à Goma avec un mandat humanitaire. J’ai eu une rencontre franche et constructive avec des représentants de l’AFC/M23 afin d’insister sur l’accès humanitaire pour des millions de civils », a-t-elle déclaré, soulignant que « l’aide doit parvenir sans délai à la population dans le besoin, via des couloirs humanitaires sécurisés ».

Selon elle, « le droit international humanitaire doit être respecté pour protéger les civils. Il s’agit d’une responsabilité partagée à l’échelle régionale ». Elle a affirmé avoir porté ce message à Kinshasa, Bujumbura et Kigali, indiquant avoir reçu « des engagements » dont elle espère la mise en œuvre rapide.

Une crise à dimension régionale

L’Est de la RDC demeure l’un des foyers de tensions les plus explosifs d’Afrique. Le M23, accusé par les Nations unies et plusieurs capitales occidentales d’être soutenu par Kigali — accusation rejetée par le Rwanda —, contrôle de vastes territoires, dont les capitales provinciales de Goma et Bukavu, tombées sous son emprise début 2025. Des troupes burundaises sont déployées, par ailleurs, en RDC aux côtés des forces gouvernementales, illustrant l’implication régionale croissante. Depuis décembre 2025, des milliers de réfugiés congolais ont fui vers le Burundi, accentuant la pression humanitaire.

Selon les Nations unies, la RDC traverse l’une des crises humanitaires les plus graves au monde, marquée par des déplacements massifs et une insécurité alimentaire aiguë. Face à cette urgence, l’Union européenne a annoncé la mobilisation de 81,2 millions d’euros d’aide pour la région des Grands Lacs. Reste à savoir si les garanties sécuritaires suivront sur le terrain. Sans accès humanitaire effectif, l’aide promise risque de demeurer théorique, tandis que la crise continue de redessiner les équilibres sécuritaires régionaux.

Noël Ndong

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