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Et la crise migratoire …

Samedi 4 Décembre 2021 - 17:29

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Même si rien n’est encore joué sur cette terrible scène du temps présent, les migrations dites « sauvages » vers les nations riches de l’hémisphère nord qui s’accélèrent de jour en jour ont au moins un effet positif : celui d’ouvrir les yeux des gouvernants de ces mêmes nations riches sur le fait que si elles n’aident pas au plus vite les pays dits « émergents » à accélérer leur développement, leurs propres peuples paieront au prix fort le fait d’avoir refusé trop longtemps de regarder la vérité en face et de prendre donc la juste mesure de leurs responsabilités dans les drames en série que provoque aujourd’hui la crise migratoire.

Ce message est très précisément celui que les plus hautes autorités de l’Eglise catholique ont entrepris de lancer ces derniers temps avec la visite que le pape François vient d’effectuer dans l’Ile de Chypre, puis en Grèce sur l’Ile de Lesbos, précisément où vivent dans la misère des centaines, des milliers de réfugiés. Un message relayé avec force dans différents médias par le cardinal guinéen Robert Sarah, membre éminent de la Curie romaine, qui souligne à juste raison le fait que seul le développement de leur pays pourra dissuader les jeunes Africains et les jeunes Levantins de tenter de gagner la très riche Europe afin de travailler et de vivre décemment, mais aussi et surtout pour envoyer une partie de leurs gains à leurs familles restées sur place, dans leur pays d’origine.

La prise de conscience que génère aujourd’hui en Europe l’afflux des migrants venus de l’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient, ainsi que les terribles drames qui l’accompagnent dont la noyade récente de vingt-sept humains dans l’eau de la Manche confirme l’ampleur dramatique et ne peuvent que contraindre le Vieux continent à assister plus et mieux les pays du Tiers-monde dans leur longue marche vers l’émergence. Un devoir d’autant plus évident que son aisance, sa prospérité, sa richesse présentes ont pour une très large part été créées par la colonisation et donc par l’asservissement de ces populations.

Aux problèmes de plus en plus lourds que pose l’aggravation continue des migrations sauvages s’ajoute maintenant le fait que des mafias, des organisations criminelles de plus en plus puissantes en prennent le contrôle. Ce qui se passe dans l’immense région du Sahel où ces trafics humains gangrènent la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad, la Libye, le Soudan, l’Ethiopie démontre que le trafic migratoire déstabilise dangereusement toute la partie nord de l’Afrique, favorise les extrémismes de toute nature, crée un abcès continental qu’il sera de plus en plus difficile de combattre.

Face à ces défis que l’Europe doit impérativement relever il n’y a, en vérité, qu’une réponse possible, fiable : celle que les Etats-Unis lui ont apportée au sortir de la Seconde Guerre mondiale afin de la relever, c’est-à-dire lancer un Plan Marshall pour l’Afrique et le Levant qui permettra d’accélérer le développement des pays du grand Sud et qui dissuadera les jeunes générations de se lancer dans l’aventure mortelle de la migration en leur procurant là où elles sont nées emploi, confort, protection de la santé, sécurité.

L’Europe est suffisamment riche aujourd’hui pour mener à bien un tel grand dessein. Et comme son propre destin en dépend pour une large, très large part, elle n’a pas vraiment le choix ! Reste à savoir comment elle agira dans les mois et les années à venir pour relever le défi vital que lui lance aujourd’hui la vague migratoire.

Jean-Paul Pigasse

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