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Fier comme Ricky?

Samedi 7 Mai 2022 - 16:56

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Il y avait de l’entregent chez ce natif de Poto-Poto, dans le troisième arrondissement de Brazzaville : une façon de se tenir dans le background de son groupe, de jouer de la percussion, de se vêtir, de regarder autour de lui. En un mot, une façon de vivre. Sociétaire du célèbre orchestre Les Bantous de la capitale, Ricky Siméon Malonga a rejoint l’éternité du firmament, le 1er mai, après avoir traversé quatre-vingts petits printemps.

Sa place dans Les Bantous l’avait-il conditionné ? En musique, le percussionniste n'est sans doute pas le plus en vue sur scène. Mais il peut se faire entendre au loin car les instruments qu’il manipule le dévoilent. Quand l’attaque-chant a fini de s’exalter, l’attalaku d’en rajouter, ce sont, en effet, les instruments qui chantent la musique pure. Tenant son rang, toujours coiffé de son béret à la Guevara sans la fameuse étoile du combattant révolutionnaire, Ricky Siméon jouait de fierté. 

Le drummer des Bantous me fut présenté un jour par un aîné, Albert Obami « Tréjan ». Nous sommes à la fin des années 1980, et lui venait de sortir une chanson dont le titre devait être « Seize ans de mariage (?) ». Rien à voir avec les succès comme « Pitié » ou encore « Trois mois et demi de tristesse », mais tout à fait apaisant.  Ricky portait conseil à son épouse, en lui rappelant qu’au bout de seize années de vie en commun, le couple devait avoir surmonté les incompréhensions, mis de côté les déceptions pour regarder l’essentiel. Dans son cas- ce que répétait du reste le texte-, les deux restaient soudés malgré les contradictions.

Je mentirais en disant que je le fréquentais, ou que lui et moi nous nous connaissions particulièrement. Journaliste-reporter, chroniqueur occasionnel, oui, j’ai pu observer Les Bantous de la capitale, assister à certaines de leurs prestations publiques, en live ou à la télévision, puis encore couvert quelques audiences du groupe avec les plus hautes autorités nationales. La dernière en date remonte au 3 mai 2019. Dans le sillage des préparatifs des soixante ans de sa création, le 15 août, l’orchestre avait été reçu par le président Denis Sassou N’Guesso à la résidence du Plateau.

Les Bantous étaient au grand complet au regard de la forte délégation conduite alors par leur patriarche, Edo Nganga. Parmi les anciens se trouvaient, entre autres, Simon Mangouani, le chef d’orchestre, Mpassi-Ngongo « Mermans » et Ricky Siméon. « Nous sommes, non seulement, venus annoncer la nouvelle au chef de l'Etat, mais aussi solliciter son aide afin de réaliser avec succès notre projet », expliquait le doyen du groupe.

L’audience se déroula en deux temps. D’abord une réception dans le salon présidentiel, puis un apéritif servi dans les jardins de la résidence du chef de l’Etat. Denis Sassou N’Guesso échangea longuement avec ses hôtes sur l’heureuse fête-anniversaire. L’événement coïncidait avec la célébration de l’indépendance nationale acquise le 15 août 1960, Les Bantous de la capitale ayant devancé le pays d’une année, en 1959. On boucla le tout par une séance photo. Le doyen Edo Nganga et ses amis durent en garder un excellent souvenir.

 Avec la disparition de Ricky Siméon, Les Bantous de la capitale perdent un fidèle parmi les fidèles de leur grande cour. On le voit encore tiré à quatre épingles, fier et toujours son béret piqué sur la tête !

Gankama N'Siah

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