Financement direct des peuples autochtones : Honoré Tabouna suggère de renforcer le Fipac et le Repaleac

Vendredi 29 Mai 2026 - 19:15

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En marge des assemblées annuelles de la Banque africaine de développement et à l’occasion d’une table ronde organisée par le Fonds mondial pour la nature, le conseiller technique à la Commission climat du bassin du Congo, Honoré Tabouna, a formulé, le 27 mai à Brazzaville, plusieurs suggestions sur le financement direct de la population autochtone et locale dont le renforcement des institutions existantes. 

Le financement direct est une méthode où des personnes empruntent des fonds directement sur le marché financier sans recourir à un service tiers, comme un intermédiaire financier. Selon certaines sources, l’Afrique compte quatorze millions de peuples autochtones. Pour la région Afrique centrale, ils seraient plus de trois cent mille. Au Congo, par exemple, ils représenteraient 10% de la population, soit environ quarante mille personnes.

Les peuples autochtones et locaux sont organisés autour de deux outils institutionnels, notamment le Forum international sur les peuples autochtones d'Afrique centrale (Fipac) dont le siège avait été fixé à Impfondo. De forum est devenu depuis 2021, par décision des chefs d'état de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, une agence d'exécution.

A côté de cette agence d'exécution dédiée aux peuples autochtones et locaux, il y a le Réseau des populations autochtones et locales pour la gestion durable des écosystèmes forestiers d'Afrique centrale (Repaleac) qui a été fondé en 2003 à Kigali, au Rwanda, dans un contexte marqué par la nécessité de défendre les droits des peuples autochtones et communautés locales et de préserver les écosystèmes forestiers.

« ... Les questions financières, des ressources humaines, pour que ce réseau devienne fort, puisque c'est l'organisation qui représente les projets. Qu’il devienne fort et soit capable de gérer aussi des projets, quitte à ce que, dans un premier temps, on y mette des assistantes techniques. Il faudrait maintenant identifier toutes les institutions publiques, privées, philanthropes, qui travaillent directement avec les peuples autochtones. Vous avez, par exemple, les fondations des compagnies de téléphonie mobile, qui touchent directement, par rapport au transfert d'argent, par rapport au crédit téléphonique, les peuples autochtones », a indiqué Honoré Tabouna.

Outre le renforcement de l’existence institutionnelle et organisationnelle de la population autochtone et locale, les fondations qui sont dans les départements de la responsabilité sociétale et environnementale doivent travailler avec les organisations de conservation pour mutualiser les efforts et surtout faire de telle sorte qu'il n'y ait plus beaucoup d'intermédiaires pour toucher les peuples autochtones.

Signalons que depuis au moins plus de trente ans, les financements qui parviennent aux peuples autochtones directement le sont de façon indirecte. Ce sont les organisations non gouvernementales, les partenaires qui collectent ces ressources et montent des projets.

Fortuné Ibara

Légendes et crédits photo : 

A gauche, le conseiller Honoré Tabouna /Adiac

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