Opinion
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Soigner ses arsenaux puis se déchaîner ?Samedi 11 Juillet 2026 - 18:41 Le message des grandes puissances au reste du monde paraît clair aujourd'hui : elles vont se réarmer comme cela n'avait pas été le cas depuis la chute du mur de Berlin et la dislocation de l'ex-Union soviétique au début de la décennie 1990. Pour de nombreux observateurs, cette course aux armements préfigure une escalade qui pourra déboucher sur un embrasement dans les mêmes proportions que celles enregistrées en 1914 et en 1939. À titre de rappel, entre la fin du premier conflit mondial, en 1918, et le début du second, en 1939, le temps de paix fut de seulement vingt-et-un ans. La sagesse l'emporta ensuite plus longtemps à partir de 1945, année de la victoire des alliés contre l’Allemagne nazie car à force de compréhensifs rapprochements, la guerre froide survenue pendant cette période céda le pas à la coexistence pacifique entre l'Est et l'Ouest. Justement, à l’heure actuelle, l'Est et l'Ouest se reconfigurent au profit d'un bellicisme assumé au grand jour. Les nouveaux acteurs de ce saut dans l'inconnu ont bien plus d'instruments de communication et de propagande à leur portée que ceux d'hier. Il suffit de les voir agir pour noter, par exemple, que les communiqués officiels naguère signés par les entités publiques reconnues sont dorénavant remplacés par des bouts d’idées, des morceaux de phrases incisifs diffusés sur les réseaux sociaux sans la plus élémentaire retenue. Par le biais de nouveaux médias, un chef d'Etat peut appeler à la confrontation sans prendre l’avis de son gouvernement réuni en Conseil des ministres, ni obtenir l’approbation du parlement de son pays ; le responsable d'une institution influente peut lui emboîter le pas sans consulter les organes délibérants de sa structure. Apparaissent dans le même temps des hommes de plus en plus forts à la tête des États là où, il y a quelques années, un contemporain suggérait de faire confiance à des États forts qui protègent les citoyens. Ces temps-ci, on peut aussi l’observer, la force brutale est au rendez-vous. Elle s'exprime sur les champs de bataille à l’Est de l’Europe et au Moyen-Orient, embrase de nombreux territoires en Afrique. Cela signifie beaucoup d’engagement pour les belligérants, beaucoup de sueur et de sang, peut-être aussi suffisamment de gains pour les complexes militaro-industriels. Notons qu'au terme de son 36e sommet tenu à Ankara, en Turquie, les 7 et 8 juillet, l'Alliance atlantique n'est pas passée par quatre chemins pour annoncer son intention de s'étoffer en moyens modernes de défense. Ses ennemis potentiels devraient avoir reçu le message 5 sur 5. Partout, chacun veut prendre soin de ses arsenaux. Au détriment du financement de la prospérité dont on oublie un peu vite qu’elle est la priorité des peuples. C’est le visage réel de notre vieux monde bâti malgré tout sur le respect de l’autre et la compréhension mutuelle que nous nous attachons méticuleusement à détruire. Visiblement, personne ne s’en plaint ! Gankama N'Siah Edition:Édition Quotidienne (DB) Notification:Non |





















