Inclusion professionnelle : les personnes vivant avec handicap exigent le respect du quota de recrutement qui leur est allouéLundi 6 Juillet 2026 - 15:59 La Dynamique de l'unité des organisations des personnes handicapées du Congo (Duophco), présidée par Hugues Boukélé, a sensibilisé, le 3 juillet à Brazzaville, les décideurs publics et les opérateurs économiques à l'urgence de garantir l'inclusion professionnelle des personnes vivant avec handicap, conformément aux engagements nationaux et internationaux pris par la République du Congo, et leur recommande de veiller au respect du quota minimum de 10% de recrutement qui leur est alloué dans le quota global.
Les personnes vivant avec handicap au Congo ont suggéré à l’Etat de créer un ministère ou une entité gouvernementale qui leur est pleinement dédiée afin de coordonner les politiques publiques en la matière; d’encourager les compétences parmi elles ainsi que leur nomination aux postes supérieurx, tout en les utilisant au sein des services dans les ministères qui les occupent; d’accélérer la mise en œuvre effective des conclusions du forum national des personnes vivant avec handicap. Elles ont recommandé d’inscrire un quota de recrutement des personnes vivant avec handicap dans les textes officiels, notamment la loi de finances et les actes de notification. Elles ont aussi proposé d’assurer l'affectation équitable des personnes vivant avec handicap dans l'ensemble des ministères sans distinction, et de mettre en place un fichier national des demandeurs d'emploi pour des personnes vivant avec handicap au sein de l'Agence congolaise pour l'emploi. À l’Etat, il a été proposé également d’assurer le suivi et la mise en œuvre des engagements issus du Forum mondial sur le handicap tenu à Berlin, en Allemagne. Au niveau des secteurs publics et privés, les personnes vivant avec handicap au Congo souhaitent la promotion de l'égalité des chances dans les processus de recrutement ou d'embauche des personnes avec un handicap et le développement des politiques d'inclusion professionnelle des personnes avec un handicap. Elles ont aussi recommandé aux décideurs publics d’adapter les postes de travail et les environnements professionnels, de former les gestionnaires en ressources humaines ainsi que les recruteurs aux pratiques de recrutement inclusif. Elles préconisent la poursuite des actions de sensibilisation et de renforcement des capacités en leur faveur pour faciliter leur insertion sur le marché de l'emploi, et la mise en place des mécanismes de suivi et d'évaluation de leur insertion professionnelle. Au cours de la séance de sensibilisation, le président de la Duophco, Hugues Boukélé, a rappelé l’importance de l'égalité sociale et de l'autonomie économique de chaque citoyen sans distinction. Les participants ont dès lors relevé que l'accès à l'emploi des personnes vivant avec handicap demeure encore limité, malgré l'existence d'un potentiel réel de compétences et de qualifications. Selon certaines sources, il y a environ mille deux cents personnes vivant avec handicap qui demandent l’emploi à la fonction publique congolaise. Bien avant ces statistiques, notamment en 1996, un total de 372 Congolais vivant avec handicap a été recruté et quelques années après, 589 sont devenus aussi fonctionnaires de l’Etat. Il ressort des échanges que les difficultés rencontrées par les personnes vivant avec handicap sont principalement liées à des barrières organisationnelles et environnementales, des préjugés persistants, une insuffisante adaptation des politiques d'emploi tant dans le secteur public que dans le secteur privé. C'est ainsi qu'il a été souligné que l'égalité doit être réelle, notamment en termes de statut, de droits et d’opportunités. Et aussi, l'égalité signifie que chaque individu ou groupe de personnes bénéficie des mêmes ressources et opportunités, quelles que soient les circonstances. L'égalité peut être un moteur de l'efficacité économique, entraînant une meilleure perception de la justice, une vraie confiance sociale dans des sociétés plus saines et cohésives. « Les personnes vivant avec handicap constituent pourtant un capital humain disponible, sous-exploité, pouvant contribuer à la croissance économique et à la transformation sociétale du pays. Les participants ont rappelé que le droit au travail des personnes vivant avec handicap est garanti par les instruments internationaux relatifs aux droits humains », souligne le communiqué final de ladite activité. Au Congo, la loi n°18 du 25 juillet 2025, portant protection et promotion des droits des personnes vivant avec un handicap, souligne que leur accès à l'emploi est un droit fondamental et non une faveur. L'inclusion professionnelle des personnes vivant avec handicap nécessite une mobilisation coordonnée du secteur public en tant que garant des politiques publiques de l'équité et de l'exemplarité; du secteur privé en tant qu'acteur majeur de création d'emplois et d'innovation. Les deux secteurs doivent agir de manière complémentaire pour rendre effectif l'accès à l'emploi des personnes vivant avec handicap. Signalons que plusieurs acteurs clés, notamment des représentants des ministères sectoriels, à l'instar du ministère de l'Enseignement technique et professionnel, des décideurs, des leaders des organisations de la société civile, des partenaires au développement, ainsi que des représentants du patronat et du secteur privé congolais ont pris part à l'activité. Fortuné Ibara Légendes et crédits photo :Une vue des officiels pendant la sensibilisation /Adiac Notification:Non |












