Interview. Gueorguy Tchepik : « La Russie a toujours préconisé les intérêts des pays africains »

Samedi 10 Juin 2023 - 16:30

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimable

Célébration de la journée du 12 juin, sommet Russie-Afrique et multilatéralisme, l’ambassadeur de la Fédération de Russie en République du Congo, Gueorguy Tchepik, s’explique aux Dépêches de Brazzaville. Entretien.

Les Dépêches de Brazzaville (L.D.B.) : Monsieur l'ambassadeur, la « Journée de la Russie » est célébrée chaque 12 juin. Quel sens donnez-vous à ce rendez-vous ?

Gueorguy Tchepik (G.T.): La disparition de l’Union soviétique au déclin de l’année 1991 a marqué la fin d’une époque. Une très belle époque, à mon avis. Toutefois, l’Union des républiques socialistes soviétiques a donné la vie à quinze nouveaux États souverains. Comme les enfants qui quittent un jour leur foyer familial pour écrire leur propre histoire. Un triste conte de fée qui toutefois a donné à chacun sa chance pour son développement durable et indépendant.

Même si la Fédération de Russe actuelle a le statut officiel de l’État-continuateur de l’Union soviétique, pour elle aussi une nouvelle étape venait de s’ouvrir. La Journée de l’adoption de la Déclaration de la souveraineté d’État de la Fédération de Russie (le 12 juin 1990) a été choisie comme une fête nationale – Journée de la Russie.

L.D.B.: Peut-on dire que cette journée marque une nouvelle ère pour la Fédération de Russie ?

G.T.: Oui, absolument. La Fédération de Russie s’est vu doter de nouveaux fondements de vie qui sont différents de ceux de l’époque soviétique. L’économie de l’État a cédé la place à l’économie du marché, la politique internationale a été orientée pour de nouveaux azimuts, l’idéologie marxiste a été abandonnée. Vu cela, la Journée de la Révolution d’octobre, qu’on célébrait chaque année, le 7 novembre, ne pouvait plus rester en tant qu’une fête nationale. Par contre, la date du 12 juin est le symbole de cette nouvelle ère de l’histoire de notre pays.

L.D.B. : Dans le cadre de cette journée, quelles sont les activités prévues au niveau de votre ambassade à Brazzaville ?

G.T.: Une réception nationale a été organisée le 9 juin.

L.D.B. : La ville de Saint-Pétersbourg accueillera, en juillet prochain, le deuxième sommet Russie-Afrique et le forum économique et humanitaire. Quels sont les enjeux de ces deux grands événements dans le cadre des relations Russie-Afrique ?

G.T. : Le deuxième sommet « Russie-Afrique » sera organisé à Saint-Pétersbourg, le 27-28 juillet. C’est un événement majeur pour l’année en cours. Une opportunité combien importante qui se présente tous les trois ans pour passer en revue l’état des choses dans les relations entre la Russie et la continent africain, faire le point sur la coopération bilatérale avec nos partenaires, donner un coup de fouet aux projets qui piétinent. Le sommet sera associé à un grand forum économique et humanitaire qui va durer quatre jours.

Le premier sommet de Sotchi, en 2019, a vu la signature d’une multitude d’accords bilatéraux et contrats commerciaux pour un total d'environ 17 milliards de dollars. On espère que lors du sommet de Saint-Pétersbourg, les résultats seront aussi significatifs. Nous sommes certains que l’Afrique c’est le continent de l’avenir. A travers une coopération multiforme, la Russie va certainement contribuer à son développement durable, son émergence en tant que pôle de puissance dans ce monde qui se veut multipolaire. Le prochain sommet va tracer les lignes de notre coopération avec l’Afrique pour les années à venir.

Notre coopération avec l’Afrique n’est pas dirigée contre les intérêts des pays tiers, y compris occidentaux. La Russie considère que pour son développement, l’Afrique a besoin de tous les partenaires. Par contre, les occidentaux cherchent par tous les moyens d’entraver la coopération russo-africaine. C’est dans cette logique de confrontation que les ex-métropoles s’efforcent de convaincre les leaders africains de ne pas faire le déplacement à Saint-Pétersbourg. A mon avis, cette crise de jalousie de la part des anciens colonisateurs est toutefois bénéfique pour l’Afrique. La présence de la Russie favorise l’intérêt des autres envers le continent.

L.D.B. : A l’heure du multilatéralisme, dans quels domaines votre pays entend-t-il mettre un accent particulier pour dynamiser davantage ses liens avec l’Afrique ?

G.T. : Si on prend le domaine politique, la Russie a toujours préconisé les intérêts des pays de l’Afrique dans leur aspiration à une indépendance réelle vis-à-vis de l’occident collectif que représentent aujourd’hui les ex-métropoles. Dans ce contexte, mon pays soutient fermement l’idée de l’élargissement du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies ou l’Afrique doit avoir toute sa place. Ce sujet sera abordé lors du deuxième sommet Russie – Afrique.

La Russie a son mot à dire en matière de transfert des technologies de sécurité, y compris la sécurité alimentaire, énergétique, médecine, géologie, développement des différents secteurs de l’énergie, de construction, de transport, de l’agriculture, des technologies numériques. De nouvelles initiatives dans le domaine de la formation des cadres feront également objet de la discussion.

Propos recueillis par Guy-Gervais Kitina

Légendes et crédits photo : 

L'ambassadeur de la Fédération de Russie au Congo Brazzaville/ DR

Notification: 

Non